Il faut cinq ans pour qu'un chewing-gum se décompose sur la plage, et plus de 500 ans pour une bouteille en plastique

BRUXELLES Si le constat est effrayant, il fait surtout réfléchir.

À votre avis, quel est le déchet qui prend le plus de temps à se décomposer ? Le verre . On parle de 3.000 ans, et cela pour le simple fait de quantifier. Car, dans la pratique, c'est à l'infini, le verre ne se décompose pas réellement.

De l'autre côté de l'échelle, on peut, par exemple, prendre le mouchoir en papier , qui se décompose en trois mois. C'est long, n'est-ce pas, pour un simple mouchoir en papier.

Imaginez maintenant un trognon de pomme : 4 à 6 mois. Mais ici, la pollution est moins grave, c'est un élément naturel.

Il faut savoir que le temps de décomposition va effectivement varier en fonction de l'endroit où se trouve le déchet. En mer, sur la plage, en rue, dans un coin à l'abri des intempéries...

Depuis plusieurs années, les ministres européens de l'Environnement ou de l'Écologie oeuvrent pour une Europe plus propre. Car le constat est alarmant.

Ainsi, un mégot de cigarette , comme on en voit - malheureusement - des dizaines par jour, perdure un à deux ans avant de se décomposer.

Et le chewing-gum demande cinq longues années.

Pour l'anecdote, une chaussette de laine malencontreusement oubliée (si, si, cela s'est déjà vu) va résister aux intempéries durant un an avant de disparaître.

Et on ne vous parle pas des objets les plus déterminés à subsister... Enfin, si, on vous en parle. Outre le verre, il y a évidemment la terrible bouteille en plastique : plus de 500 années, selon les experts.

Et puis, dans la même gamme : le sac en plastique décroche la troisième place de notre hit avec ses 450 ans.

On repère aussi des canettes métalliques : elles se décomposent dans une fourchette de 200 à 500 années. Rien que cela.

Outre la plage, il y a aussi la mer. Si vous êtes sur un bateau, ne jetez rien dans l'eau, ce n'est pas une poubelle géante. Les poissons s'y nourrissent. Et... vous mangez du poisson. Les examens scientifiques le prouvent : les fragments de plastique - notamment - sont ingérés par les poissons. À bon entendeur.

Et les efforts ne manquent pourtant pas. Depuis peu, les pêcheurs belges reçoivent des sacs spécialement prévus pour accueillir les déchets récoltés bien malgré eux dans les filets de pêche. Par le passé, on le sait, le pêcheur avait la mauvaise habitude de rejeter les déchets par-dessus bord. Désormais, cette époque est révolue.

Mais préserver l'environnement ne se fera pas sans vous. Chacun de nous doit être vigilant. Si la poubelle sur la plage est remplie, emportez vos déchets jusqu'à une autre poubelle, un peu plus loin. Cet effort n'est pas surhumain, mais il est par contre primordial pour vos enfants. Les experts sont unanimes : le danger d'une planète surpolluée ne concerne pas nos petits-enfants, mais bien nos enfants directs. La prochaine génération. Pas plus tard. Avant 2100. Au cours de ce siècle.



© La Dernière Heure 2007