La Belgique n’imprimera plus aucun billet à partir de 2020. L’activité sera délocalisée

BRUXELLES Les billets de banque et la Belgique, c’est une longue histoire. Les premiers qui ont circulé dans notre pays l’ont fait dès… 1782 ! Sous l’époque autrichienne, c’est la Banque d’Ostende et de Bruxelles qui confectionna ces premiers spécimens.

Depuis, bien des billets ont roulé sous les planches. Surtout celles de la Banque nationale, dotée dès 1848 du privilège exclusif d’émissions de billets. Mais c’en est désormais fini. Ou presque. En 2020, la Banque nationale de Belgique (BNB) n’imprimera plus de billets et, partant, la Belgique non plus.

“Nous cesserons effectivement toute notre activité d’imprimerie en 2020” , nous révèle Jean Hilgers, directeur et trésorier de la Banque nationale belge. “Ce sera une fin graduelle” , détaille notre interlocuteur, soulignant plusieurs fois qu’“aucune perte d’emploi n’est souhaitée” . “Des programmes de formation pour les personnes qui ne partiront pas à la pension d’ici 2020 seront mis sur pied. Ces formations seront individualisées; nous espérons fermement les garder dans une autre branche de la BNB” , insiste Jean Hilgers.

Avec la fin de l’imprimerie, outre l’abandon de l’impression de billets, ce sera aussi l’arrêt de “la production de sécurité” : pa sseports, obligations, permis de conduire, etc.

Par contre, la Belgique sera toujours responsable de la production de billets. Le directeur de la BNB explique : “Dans le système actuel, chaque pays est responsable d’un pourcentage de la production annuelle d’euros proportionnel à son implication dans le capital de la Banque central européenne. Pour l’heure, le nôtre est d’environ 3 %. Si le système ne change pas, nous devrons donc, à partir de 2020, faire produire des billets à cette hauteur.”

En attendant, la Banque nationale belge sera impliquée dans l’arrivée prochaine des nouveaux billets d’euros. Habituellement spécialisée dans les billets de 50 €, l’imprimerie de la BNB produira une partie des billets de 5 € qui circuleront à partir de mai 2013. “Les autres coupures devraient suivre peu à peu” , pointe Jean Hilgers, sans donner d’agenda précis.

Ce sera l’un des derniers challenges de cette imprimerie vieille de plus de 150 ans, l’une des rares dans la zone euro à dépendre directement de sa banque centrale.



© La Dernière Heure 2012