Le Français Daniel D.P. envoie des milliers de messages et courriers chaque année pour chasser les anglicismes.

Il y a des passions qui ne s’expliquent pas, et des combats dont beaucoup ne comprennent pas le sens. Celui de Daniel D.P. fera partie de ceux-là. L’homme est connu depuis plusieurs années par des journalistes, écrivains, éditeurs et toute entreprise ou société diffusant des messages au grand public (publicités, lettres, etc).

Jamais virulent mais toujours obstiné, il chasse tous les anglicismes qui ont pris place dans la langue française depuis des décennies. Dernier mail reçu en date : “je me permets de vous écrire car j’ai lu avec intérêt votre article publié hier mais souhaitais cependant signaler que l’adjectif digital ne s’applique en français qu’aux doigts (des empreintes digitales). Dans le domaine des nouvelles technologies, c’est l’adjectif numérique qu’il convient d’utiliser”.

Une simple recherche dans le dictionnaire Larousse nous a permis de voir que nous n’avions pas laissé de faute dans ce fameux article, mais que notre lecteur attentif n’avait pas tort non plus, digitalisation étant bien un anglicisme. En quelques clics et après avoir échangé quelques mails (ou courriel, en bon français), nous en savons plus sur ce justicier de la langue française. L’homme de 47 ans vient de France, mais préfère rester discret sur sa personne. Il préfère mettre son travail et ses idées en avant. Il a tout de même accordé une petite interview au Figaro en 2016. “Les anglicismes sont un danger à long terme pour le français. Contrairement aux emprunts des siècles précédents, les emprunts actuels ont tendance à ne plus être francisés et ne respectent donc presque jamais les règles d’orthographe et de prononciation de notre langue.” Et de citer George Pompidou. “Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement”, reprend-il.

Il va même plus loin n’hésitant pas à comparer la France à une colonie anglaise tant les termes empruntés de la langue de Shakespeare sont devenus nombreux dans la vie de tous les jours. Et ce n’est pas pour cela que l’homme arrête d’envoyer des courriels à qui ne respecte pas la langue française. Chaque année, ce sont plusieurs milliers de messages qui quittent sa boîte mail en direction des rédactions des journaux et magazines francophones mais aussi d’organismes publics et de grandes sociétés. “E-mail”, “start-up”, “data” sont par exemple pour lui des mots à oublier puisqu’on peut les remplacer par “courriel”, “jeune pousse”, “données”. Daniel D.P. renvoie régulièrement vers le grand dictionnaire terminologique, référence en la matière selon lui : “c’est d’autant plus irritant que le grand dictionnaire terminologique recense tous les équivalents français des anglicismes et qu’il est à la portée de tous”.

Un combat sans importance pour certains, mais qui a le mérite d’exister.