Société L'émergence du netlabelism permet de diffuser gratuitement certains morceaux

BRUXELLES Ils voient le jour sur Internet. Et ils pourraient créer un véritable phénomène. Ce sont les netlabels. Ils ont tous la même mission: se servir d'Internet comme d'un véritable support musical. Mais pas seulement.À la base: des artistes qui déposent leurs oeuvres sur ce genre de label. Particularité? En posant ce geste, ils renoncent aux droits d'auteur payants, à l'origine perçus par la Sabam, la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs. Les artistes acceptent dès lors une licence, celle des Creative Commons. Ce nouveau système qui voit se multiplier les sites présentant des artistes liés par la Creative Commons? Dans un premier temps, les organisateurs de soirées voient là une belle opportunité. Celle de passer de la musique, généralement de qualité (même si elle est quasiment inconnue), lors de grands rassemblements. Car aucun centime ne peut leur être réclamé pour la diffusion de ces morceaux. D'ordinaire, une contribution est réclamée par la Sabam lorsqu'un artiste est joué dans une soirée, au même titre qu'il passe sur les ondes radiophoniques, par exemple.

C'est grâce à cette tendance que l'ASBL Movement of Unexpected Pleasure (MUP) organise, chaque premier vendredi du mois, une grande soirée avec de la musique gratuite. Sur son site, l'association propose même un top 100 des meilleurs morceaux, allant surtout du style techno à la house. Et tout ça est légal. Mieux encore: la licence permet aux internautes de télécharger ces morceaux sans payer, en toute légalité. Cette tendance présente aussi un léger avantage pour les artistes qui, sans devenir populaires, sortiront peut-être au moins du cadre restreint de leur public. Ch. V.

Le MUP organisera une soirée de ce genre ce 3 février, au Musicafé de Louvain.

© La Dernière Heure 2006