Société C’est la proposition choc de cinq opérateurs de sites de jeux en ligne.

Le (petit) monde des paris et des casinos en ligne n’est pas sur la même longueur d’ondes. Entre la Loterie Nationale et les membres de l’association Bago (le groupe Ardent pour, entre autres, la marque Circus, Golden Palace, Napoleon Games et Betfirst), il y a plus que de la friture sur la ligne.

De récentes attaques frontales de Jannie Hack, le boss de la Loterie Nationale, n’ont pas amélioré l’ambiance. Le président de Bago, Emmanuel Mewissen, ne tient pas à envenimer la situation mais, au contraire, souhaite faire des propositions pour sortir vers le haut. Pour améliorer un secteur économique qui continue de grandir.

"Nous avons le même objectif que la Loterie mais pas les mêmes règles. Nous voulons lutter contre l’addiction au jeu et combattre les sites illégaux. Si l’on tue le secteur légal, les joueurs se déplaceront sur des sites illégaux basés dans des paradis fiscaux sur lesquels l’État n’a aucune prise. "

Bago vient avec un message percutant et une proposition choc : plus de pub "terrestre" (télévision, presse…) durant un an. Avant d’envisager de fixer, dans un second temps, un budget pub limite pour chaque opérateur. Voilà du concret.

"Nous sommes prêts à aller plus loin que les textes actuels. Nous allons rencontrer le ministre de la Justice actuel Koen Geens et son successeur pour en discuter, pour faire part de propositions. Nous pourrions poursuivre les messages sur le digital mais aussi le sponsoring (toutes les équipes de D1 belge possèdent un sponsor jeux) et le branding (visibilité de la marque) mais sans message vers le public."

Pour info , la Loterie Nationale est à l’heure actuelle le vingtième plus gros budget pub de tout le Royaume. Ces dernières semaines, elle a également lancé une offensive médiatique pour stigmatiser les sites de jeux en ligne.

"Quand Jannie Hack cite le nombre de 400 000 personnes ‘malades’ du jeu, c’est faux. 400 000 Belges ont été inscrits à titre préventif, le terme est important, sur une liste d’interdits de jeu. Parmi eux des professions comme les policiers, les notaires, les magistrats… mais aussi tous les gens placés en médiation de dettes et donc en situation de précarité. C’est un système unique au monde. 33 000 personnes se sont fait interdire de jeu. Par contre, elles peuvent jouer impunément au Lotto ou aux jeux de grattage."