La psychose française

Société

J. Si.

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La psychose française
© Julie Lecomte
Mercredi noir pour les producteurs de la filière bovine

PARIS `Je mange du boeuf, mes enfants mangent du boeuf, tous les scientifiques les plus pointus en matière d'ESB mangent du boeuf et leurs enfants aussi.´ Ces propos rassurants tenus hier par le ministre français de l'Agriculture Jean Galvany n'ont pas réussi à calmer la véritable psychose à la vache folle qui s'est emparée du pays. Une crise aggravée par la diffusion sur la chaîne M 6 des premières images d'une jeune victime française de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Le gouvernement de Lionel Jospin s'est efforcé mercredi de convaincre l'opinion que la santé publique constituait son souci primordial. Alors qu'un bilan officiel faisait état de trois nouveaux cas détectés d'animaux atteints par la maladie de la vache folle portant le total à 92 depuis le début de l'année , la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles a proposé de son côté aux pouvoirs publics de retirer de la chaîne alimentaire tous les bovins nés avant le 15 juillet 1996. Cette proposition, qu'accompagnerait un plan de sauvegarde de la filière bovine étalé sur 7 ou 8 ans, concernerait 5 millions d'animaux pour un coût estimé entre 72 et 108 milliards de nos francs.


Interdire ou non les farines?

Quoi qu'il en soit, les conséquences économiques de cette crise (bien plus grave que celle de 1996) seront énormes. Mercredi, on estimait qu'un millier de salariés de la filière bovine étaient déjà touchés par des mesures de chômage technique tandis qu'au marché de Rungis, le volume de boeuf commercialisé a subitement chuté de 40%.

Mardi soir, le président Chirac avait effectué une déclaration spectaculaire, estimant que l'utilisation des farines animales dans la nourriture du bétail devait être suspendue immédiatement. Des propos tempérés par Lionel Jospin, lequel a estimé qu'il fallait d'abord mesurer les difficultés et les risques liés au stockage et à la destruction de ces farines et que si une décision en ce sens était prise, celle-ci devait l'être en harmonie avec les autres pays de l'Union européenne.

Des voisins européens, qui, dans certains cas, se méfient très clairement du boeuf français. Ainsi, l'Espagne a décidé d'interdire l'importation des reproducteurs bovins français. De son côté, l'Italie évoquait l'idée de confectionner des repas biologiques pour les écoles. Par contre, la Grande-Bretagne excluait tout embargo contre le steak français Tout en rappelant sa volonté de voir lever l'embargo de Paris sur le boeuf britannique!

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