Société

Un groupe de citoyens et de chercheurs craint pour l'avenir de l'humanité

GENÈVE Et si le Grand collisionneur de hadrons (LHC) présentait une menace pour l'humanité ? Pire : et s'il mettait purement et simplement en danger l'existence même de notre planète ? Cette inquiétude extrême a poussé, voici peu, un groupement de citoyens à saisir la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg, pour demander de stopper la mise en service du LHC. Ils ont été déboutés.

Les plaignants, des citoyens européens chercheurs ou particuliers, réunis autour du théoricien du chaos allemand Otto Rössler, avaient dirigé leur plainte contre les vingt pays membres du Cern, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Craignant l'apparition de "micro trous noirs" susceptibles d'absorber la Terre, les détracteurs du Grand collisionneur demandaient à la Cour d'appliquer l'article 39 de son règlement pour obtenir l'arrêt du site. "L'arrêt du projet aurait été un pas inédit", a regretté le philosophe viennois Markus Goritschnig, coordinateur et porte-parole du groupe, "mais nous allons attendre que la Cour étudie notre plainte sur le fond".

"Les micro trous noirs sont potentiellement les objets les plus dangereux qui existent" , a-t-il rappelé considérant scandaleux que 26 physiciens "jouent avec le bouton rouge" .

Toutefois, selon un rapport d'experts, le LHC "ne représente pas une menace pour la survie de l'humanité".

"Si des particules en collision au LHC avaient le pouvoir de détruire la Terre, nous n'aurions jamais eu la chance d'exister", explique le rapport des physiciens du Cern. Le rapport a été réalisé par le Groupe d'évaluation sur la sécurité du LHC. Une première évaluation effectuée en 2003 par le même groupe concluait déjà à l'innocuité des expériences qui doivent être réalisées au LHC. Selon le Groupe d'évaluation, "chaque collision d'une paire de protons dans le LHC dégagera une énergie comparable à celle de deux moustiques qui se télescopent, si bien que chaque trou noir ainsi produit serait bien plus petit que ceux connus des astrophysiciens" et ne pourraient pas se mettre à croître dangereusement.

Un avis partagé par la Belge Catherine Vander Velde (ULB) qui estimait, hier, qu'"il n'y a aucun danger de création de trou noir sur la terre à la suite de l'expérience. Ce type d'expérience se produit régulièrement sur terre lorsque des flux de protons provenant de l'espace entrent en collision avec des protons de l'atmosphère".



© La Dernière Heure 2008