Invité sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL-TVi pour faire le bilan de la situation épidémiologique en Belgique, Marius Gilbert a déploré le fait que certains, "par lassitude", ont souvent remis en cause le bienfondé des mesures prises. "C'est un sentiment très humain, mais il y a un enjeu qui dépasse ce sentiment de fatigue", a expliqué l'expert de l'ULB.

Marius Gilbert est en outre revenu sur la stratégie de l'immunité collective basée sur l'immunité naturelle, souvent vue comme le Saint-Graal. L’idée, c’est qu’une fois qu’une certaine proportion de la population aura été touchée, l’épidémie s’arrêterait d’elle-même, faute de victimes à frapper. Or, laisser le virus circuler librement est dangereux, et pose également des questions éthiques.

"La théorie de l'immunité collective dit qu'on va laisser mettre les plus faibles à très haut risque de décès pour que d'autres puissent vivre. Cela relève de l'eugénisme", explique le spécialiste. Cela revient à laisser certaines personnes mourir pour que d'autres puissent vivre. "Avant de partager sur Facebook des théories sur l'immunité collective, il faut que chacun réfléchisse vraiment à ce qu'il y a derrière", conseille Marius Gilbert.

Un mirage

Parfois présentée comme un motif d'espoir aux débuts de la pandémie de Covid-19 et un moyen d'éviter des confinements généralisés, l'idée de laisser circuler le virus pour atteindre une immunité collective apparaît de plus en plus clairement comme un dangereux mirage, ont récemment expliqué de nombreux scientifiques.

"Jamais, dans l'histoire de la santé publique, l'immunité collective n'a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie. C'est scientifiquement et éthiquement problématique", déclarait lundi le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Laisser libre cours à un virus dangereux, dont nous ne comprenons pas tout, est tout simplement contraire à l'éthique. Ce n'est pas une option", a-t-il insisté, rappelant qu'environ 10% de la population pourrait avoir été contaminée par le virus dans la plupart des pays.

Pour être efficace, l'immunité collective doit donc passer par "des vaccins sûrs et efficaces".