Un projet de charte du ministre Nollet pour les écoles débattu ce samedi

BRUXELLES Frites à répétition. Hygiène pas toujours optimale. Fruits aux abonnés absents. Le constat est clair : les enfants mangent parfois trop mal, dans certaines cantines scolaires. À tel point que, fin juin, le ministre francophone de l’Enseignement fondamental Jean-Marc Nollet (Ecolo), lançait un cri d’alarme.
Il débouchera ce samedi sur un vaste forum de réflexion réunissant plus de 350 professionnels du secteur. Avec du concret à la clé ? Cela semble être le cas, puisque M. Nollet déposera sur la table un projet de label, qui serait décerné aux établissements respectant certains principes.

Dans l’entretien qu’il nous accorde, le ministre dessine les contours du projet qu’il soumettra à la discussion.

Votre cri d’alarme de juin sur les cantines est-il toujours d’actualité ?
"Oui, mais il est plus diversifié. Notre réflexion ne doit pas se limiter au seul contenu des assiettes servies aux repas chauds, mais englober tous les aspects liés à l’alimentation à l’école. Ce samedi, on montrera une série d’expériences de terrain. Elles ont pour but de convaincre qu’on peut nettement améliorer la situation, parfois avec pas grand-chose."

Quel est l’enjeu de ce samedi ?
"Je n’en vois pas un, mais cinq. Un : montrer aux parents que le politique se saisit du problème. Deux : dépasser la réflexion sur la seule cantine. Trois : échanger des expériences et on aura notamment une démonstration en première mondiale d’un distributeur automatique de pommes. Quatre : mettre tous les acteurs concernés autour de la table. Et cinq : dégager des propositions de politiques à mettre en œuvre."

Arriverez-vous les mains vides ?
"Les ateliers débattront de différents thèmes. Moi, je ne tirerai les conclusions politiques que le soir. Mais c’est évident qu’au cabinet, nous avons retenu des options que nous allons soumettre au débat."

Et quelles sont ces options ?
"Je soumettrai comme hypothèse un travail d’incitation. Il permettrait de construire quelque chose de neuf avec des écoles désireuses de s’engager après le forum dans une charte qui recommanderait des choses."

Sur quoi la charte déboucherait-elle ?
"Les écoles qui le voudront pourront la signer, à la demande de leur conseil de participation. L’adhésion à cette charte donnerait accès à un label attestant l’engagement de l’école d’améliorer, sur une période de deux ou trois ans, sa situation actuelle. Elle devrait aussi accepter de se faire contrôler par nos soins là-dessus. Et un responsable de ce problème devra être nommé dans l’école. Voila ma proposition. On verra samedi ce que les participants en pensent. Ce n’est que sur base de leur avis que je tirerai mes conclusions."

Quel est l’intérêt concret du label ? Rassurer les parents ? Leur permettre de savoir si l’école respecte certains principes de base ?
"Le label donnerait effectivement une lisibilité à la démarche posée, et entraînerait d’autres établissements à s’engager aussi. Je ne veux pas rassurer les parents : je veux les intéresser à la problématique de l’alimentation de leurs enfants."

Pourquoi ne pas imposer un cahier de charges aux écoles ?
"Je n’exclus pas à terme de l’envisager. Mais je proposerai samedi de commencer sur une base volontaire, pour démontrer à grande échelle que c’est faisable de faire mieux avec pas forcément plus de moyens."

Laisseriez-vous vos enfants dans une école n’adhérant pas à cette charte ?
"Je ne réponds pas à cette question. Je refuse de mélanger ma vie privée et ma fonction ministérielle."