La règle est inscrite au code de la route. Et est devenue une infraction environnementale en Wallonie

Les premières gelées automnales touchent l'ensemble du pays depuis quelques jours et blanchissent nos pare-brise. La plupart des automobilistes ont dès lors un réflexe bien naturel : faire tourner le moteur de leur voiture pour en dégivrer les vitres et, au passage, réchauffer l'habitacle.

Un réflexe qui pourrait toutefois leur coûter cher. Depuis quelques années déjà, laisser tourner son moteur lorsque l'on est à l'arrêt constitue une infraction à l’article 8.6. du code de la route. Lequel précise qu'il est "interdit à tout conducteur de procéder, au point mort, à des accélérations répétées du moteur. Les conducteurs doivent en outre veiller à ne pas laisser le moteur en marche au point mort sauf en cas de nécessité."

En cas d'infraction, l'automobiliste s'expose à une amende de 58 €. Du moins s'il est verbalisé par un policier. En Région wallonne, le fait de laisser son moteur tourner à l'arrêt est devenu une infraction environnementale depuis le 1er mars dernier. Et si cette infraction est relevée par un agent constatateur de la Région wallonne ou d'une commune, l'amende sera de 130 €. Pour peu qu'un policier sévisse également, la douloureuse pourrait donc monter à 188 € même si les verbalisations policières en la matière sont extrêmement rares, les forces de l'ordre préférant se concentrer sur les infractions plus graves en matière de roulage.

Reste à savoir ce que le code de la route entend par "cas de nécessité." La réponse est assez floue et il semblerait que cela relève de l'interprétation du verbalisant. Si le fait de laisser tourner son moteur pour dégivrer ou désembuer son pare-brise peut légitimement être considéré comme un cas de nécessité car cela relève de la sécurité du véhicule, porter l'habitacle à 20 degrés alors que les vitres sont bien transparentes ne devrait plus être considéré comme un cas de nécessité. De même lorsque l'on attend dans son véhicule, par zéro degré, la fin de l'entraînement de foot de son fiston.

Pour ceux qui s'en inquiètent : la règle ne vaut qu'en dehors de la circulation. Un automobiliste qui patiente à un feu rouge n'est pas obligé de couper son moteur, même si l'environnement l'en remercierait.

A noter que nous aurions aimé connaître le mot d'ordre à ses agents constatateurs passé par la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier. Malheureusement, toutes nos demandes sont restées vaines jusqu'à présent.