Société Ce 9 novembre 1989, j’étais à Berlin, par le plus grand des hasards. Ou comment l’Histoire a basculé sous mes yeux.

Il doit être 18 heures en ce jeudi 9 novembre. Le froid est piquant. Il s’insère au plus profond des os. À croire qu’il vient directement de la lointaine Sibérie. Nous sommes seuls, Françoise et moi, à la limite de Berlin-Ouest. Les abords du Reichstag sont totalement déserts.

Les quelques touristes présents dans la journée sont sans doute bien au chaud. Les Berlinois n’ont, eux, aucune raison de s’y aventurer : ils peuvent tout au plus buter sur ce mur qui serpente entre le Parlement de l’Allemagne de l’Ouest et la Porte de Brandebourg. Infranchissable.

Le mur est là, imposant, solide comme jamais. Une passerelle permet d’avoir une vue surplombant le mur. Quelques escaliers à grimper. Au-delà du mur, c’est bien entendu Berlin-Est. On voit une grande artère peuplée d’arbres. Pas âme qui vive. C’est impressionnant. Pas une voiture. Pas un piéton. Pas le moindre vélo. C’est aussi mal éclairé. Pas très joyeux, tout cela.

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