C’est parce qu’un de ses amis travaille pour Tipaw que Sébastien Patureau, vétérinaire dans le Brabant Wallon, a suivi, dès ses débuts, la construction de la plateforme mettant en liaison les amoureux des chiens et ceux qui veillent à leur bien-être. “Je connais Tipaw pratiquement depuis ses premiers jours”, dit-il. “Au départ, on y référençait les élevages de chiens et j’ai trouvé ça très intéressant parce que sur Internet, on trouve de tout et n’importe quoi au niveau élevage. Là, on trouve des élevages sérieux, qui travaillent correctement et je trouvais ça très positif de pouvoir le conseiller à mes clients.”

Beaucoup de gens qui achètent des chiens chez les "éleveurs commerçants" se retrouvent avec des animaux malades, agressif. Vous constatez ça, dans votre cabinet?

“Oui, malheureusement, je vois beaucoup de chiots qui ont un début de vie pas facile, dont beaucoup viennent de l’Est et qui ont été sevrés et transportés beaucoup trop tôt. Ils sont donc plus fragiles. Même quand ils viennent d’animaleries ou de chez des gens qui se prétendent éleveurs. J’en vois trop souvent, des chiens pas bien soignés dans leurs premières semaines de vie.”

Quels sont les premiers conseils que vous leurs donnez, aux primo adoptants?

“J’explique aux gens qu’un chien, ce n’est pas que de l’amusement, qu’il y a aussi des contraintes. On n’a pas toujours envie ou le temps de le sortir et de s’en occuper, pourtant il faut le faire. Il faut bien réfléchir avant d’adopter un chien, se renseigner sur le type d’animal qui vous convient, ainsi qu’à la famille. Ce n’est pas un achat que l’on fait sur un coup de tête.”

Les chiffres montrent que pendant le premier, puis le deuxième confinement, les gens ont davantage adopté. On vous témoigne de ça, du réconfort que les animaux apportent?

“Pendant le confinement du mois de mars, même si nous avons toujours travaillé, ça a été assez calme. Mais ensuite, nous avons eu énormément de boulot. Je pense que les gens ont surtout pris le temps de s’occuper plus de leurs animaux pendant le confinement et que beaucoup se sont dit qu’il était temps de passer chez le vétérinaire pour une petite consultation, ce qu’ils n’avaient parfois pas fait depuis longtemps. Il y a eu une vraie prise de conscience.”

Est-ce que vous avez eu le sentiment de voir des chiens déprimés?

“Quand les gens sont retournés travailler, j’ai vu pas mal de chiens dont les propriétaires disaient qu’ils mangeaient un peu moins bien, qui étaient moins actifs. J’en ai vu quelques-uns qui semblaient déprimés, c’est vrai. Ils avaient l’air plus sensibles à une certaine forme de solitude, plus stressés aussi.”

Est-ce qu'il y a eu plus d'abandons entre les deux confinements, à cause des vacances?

“Je sais qu’il y a eu beaucoup d’adoptions. Ma crainte c’est que les gens qui ont pris un animal sur un coup de tête, quand la vie normale reprendra ses droits, vont se rendre compte qu’ils n’ont plus de temps pour leur animal. Là, les refuges risquent d’être débordés.”

Vous constatez également des phénomènes de mode, des engouements pour telle ou telle race?

“Oui, bien sûr. Le bulldog français et le bulldog anglais sont très à la mode. Avant, c’était le chihuahua, mais c’est en train de passer… Ce ne sont pas les décisions les plus réfléchies. J’encourage vivement, quand je le peux, à ne pas se décider sur un coup de tête, parce que vous allez vivre dix ou quinze ans avec votre animal. Il faut prendre le temps de se renseigner sur la race, d’aller voir les éleveurs.”

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