L’emploi est sous tension depuis le début de la crise sanitaire. Entre chômage économique et licenciements, plusieurs secteurs payent très cher la situation que nous vivons depuis le mois de mars.

En première ligne face à ces personnes au chômage, le Forem a déjà enregistré 73 000 inscriptions supplémentaires par rapport à 2019 depuis le début de la crise. Marie-Kristine Vanbockestal, l’administratrice générale du Forem, fait le point et lance un appel à candidatures pour gérer tous ces dossiers.

Marie-Kristine Vanbockestal a donc besoin de nouveaux conseillers pour gérer cette crise.

"Tout à fait. Pour rappel, nous sommes en pleine réforme de nos services pour avancer vers la digitalisation. Nous n’avions pas prévu d’engager de nouveaux conseillers cette année, mais la crise a changé la donne. Pour gérer toutes les nouvelles inscriptions, nous avons besoin de 60 nouveaux conseillers et 5 psychologues."

Parle-t-on d’un recrutement d’urgence pour une mission bien particulière ?

"Nous avons mis en place ces derniers mois un accompagnement instantané. Cela veut dire que les nouveaux inscrits qui viennent de perdre leur emploi reçoivent un premier retour dans les 48 heures avec l’objectif de les remettre au travail le plus vite possible. Il faut savoir que, sur ces 73 000 nouveaux demandeurs d’emploi, la moitié n’avaient jamais eu besoin du Forem dans leur parcours professionnel. L’autre moitié, ce sont par exemple des personnes qui reviennent d’une période d’intérim. Les nouveaux conseillers seront répartis entre des postes traditionnels et cet accompagnement instantané. L’offre d’emploi court jusqu’au 10 novembre pour une entrée en fonction début décembre."

Cet appel montre-t-il qu’il est de plus en plus compliqué de trouver un emploi ?

"Il ne faut pas croire qu’il n’y a pas moyen de se remettre au travail pour le moment. Sur les 73 000 inscris, 23 000 ont déjà retrouvé du travail. Comme toujours, cela dépend des secteurs. Les soins de santé sont en manque de main-d’œuvre, tout le monde le sait. Nous avons actuellement 350 personnes qualifiées dans notre base de données qui peuvent potentiellement venir en renfort. Chaque cas doit être analysé. Certaines personnes ont par exemple un diplôme d’infirmier mais n’ont plus exercé depuis longtemps, voire jamais."

La situation est-elle plus grave qu’en mars ?

"Je dirais que l’arrivée au Forem de nouveaux demandeurs d’emploi suit la courbe épidémique. On a eu un pic jusqu’en juin avant une reprise grâce au secteur de l’Horeca ou du tourisme, notamment. Depuis septembre, nous recevons beaucoup de nouveaux dossiers, notamment avec les nouveaux diplômés. Pour octobre, il y a une forte augmentation, à nouveau."