Les Parisiens s'interrogent devant d'étranges fausses plaques commémoratives,

PARIS Qui se souvient de Karima Bentiffa/ fonctionnaire qui `a vécu dans cet immeuble/ de 1984 à 1989´, ou que `le 17 avril 1967/ ici/ il ne s'est rien passé´ ?

Les Parisiens s'interrogent devant d'étranges fausses plaques commémoratives, et d'aucuns se choquent de ce détournement du souvenir.

La conseillère UMP (droite) du XVe arrondissement, Claire de Clermont-Tonnerre, en a d'abord souri, avant de se sentir ` gênée par rapport aux vrais hommages aux personnes qui ont marqué l'histoire´, a-t-elle expliqué à l'agence Associated Press. De plus, `si on laisse fleurir ces plaques, cela trompe les gens qui pensent que c'est vrai´.

Au conseil de Paris du 28 octobre, cette élue a demandé au maire s'il pouvait `l'éclairer sur ce phénomène qui fait parler les murs´ et surtout, ce que la ville comptait faire `pour freiner la prolifération sauvage´ des fausses plaques. Aucune réponse n'a été donnée à ce jour, et personne à la mairie n'a souhaité s'exprimer sur le sujet.

En attendant une éventuelle initiative des services municipaux, les promeneurs peuvent toujours adresser une pensée amusée à Karima Bentiffa, rues Pérignon (VIIe arrondissement) et Saint-Sauveur (IIe). Rue du Jour (Ier), ils apprendront qu'un certain `Pierre Salatier/ programmeur/ est né dans cet immeuble/ le 12 novembre 1976´, et rue Sidi Brahim (XIIe) que `Le 17 avril 1967/ ici/ il ne s'est rien passé´. Inutile de se ruer sur l'annuaire ou le dictionnaire: aucune trace de ces personnalités.

Rue Charlemagne (IVe), le flâneur est informé de ce que `cette plaque/ a été posée/ le 19 décembre 1953´, ce qui soulève une autre question sans réponse: de quand datent ces mystérieux hommages? Personne ne le sait, tant on regarde peu attentivement les murs, mais certaines plaques ont été remarquées au début de l'année.

Peut-être est-ce là le but de l'artiste de rue ou du plaisantin: faire parler sur les murs, tout simplement.

© La Dernière Heure 2002