Leur multiplication cause de nombreux dégâts dans les jardins et dans la nature.

En trente ans, le nombre de sangliers présents en Wallonie a quadruplé, augmentant la densité de ces mammifères dans certaines zones et en poussant d’autres à s’installer aux abords des villes. En Flandre, l’explosion est encore plus importante puisque leur nombre a été multiplié par 30 dans certaines régions.

Le problème ? La multiplication de ces animaux cause de nombreux dégâts que ce soit dans les jardins ou dans la nature.

En effet, le régime alimentaire du sanglier est varié et opportuniste (il mange ce qu’il trouve en fonction des lieux et des saisons) et il se nourrit entre autres d’espèces en voie de disparition comme les reptiles ou encore la gélinotte des bois. Présent en de trop grandes quantités, son impact sur l’environnement est donc désastreux.

Les jardins aussi pâtissent de sa présence : pour combler ses besoins alimentaires, il fouille le sol et retourne tout sur son passage à la recherche de vers et d’insectes mais aussi de taupes ou de grenouilles. Les jardins situés à proximité de bois, où le sanglier se réfugie de jour, représentent donc pour lui une source de nourriture très riche et attractive.

Pour la Ligue royale belge de protection des oiseaux, la multiplication des suidés est causée par l’abondance de glands dans les forêts, favorisée par les hivers doux que nous avons connus ces dernières années mais pas uniquement… L’association estime qu’elle est aussi le résultat du nourrissage des sangliers par les chasseurs. "Le chasseur nourrit les sangliers dans la forêt sous prétexte de protéger les cultures de maïs mais cela engendre une augmentation démesurée de leurs populations et il doit alors augmenter les rations pour que les animaux restent sur son territoire de chasse : ce cercle est vicieux", dénonce Corentin Rousseau, directeur de la LRBPO.

Benoît Petit, président du conseil supérieur wallon de la chasse, rejette cet argument : "Ça ne sert à rien de nourrir les sangliers. Ils ne viennent pas manger ce qu’on leur offre. Ils préfèrent les glands présents dans les forêts. On nourrit uniquement les sangliers dans les zones où il n’y a pas de chênes afin de maintenir les sangliers pour éviter qu’ils aillent dans les cultures."