Il va s'accorder quelques jours de repos après le marathon de Noël

ROME C'est une fois de plus un Jean-Paul II physiquement très affaibli qui s'est adressé lundi midi aux croyants du monde entier en adressant son message de Noël urbi et orbi qui, signe des temps, a eu lieu depuis le coeur de la célèbre place Saint-Pierre et non depuis la loggia de la basilique, comme le voulait, jusqu'à présent, la tradition.

Ce changement dans la tradition répond au souci de l'Eglise de ménager le pape, qui se déplace désormais avec beaucoup de difficultés à l'aide d'une canne. La distance séparant les appartements privés du Souverain pontife et la loggia est en effet de 500 à 600 mètres. Un périple que ses proches ont cette fois voulu lui épargner, préférant la solution de la place Saint-Pierre, où le Saint-Père a pu arriver en voiture, s'épargnant du coup toute fatigue inutile.

Agé de 80 ans, le pape est malgré tout apparu fatigué après avoir il est vrai célébré quelques heures plus tôt la messe de minuit, articulant parfois ses mots avec difficulté, ses muscles du visage étant paralysés par la maladie de Parkinson dont il souffre.

Le message de Noël le 23e du pontificat du pape a commencé par des thèmes religieux avant de prendre rapidement une tournure politique. Jean-Paul II y a dénoncé pêle-mêle la violence, les souffrances et l'indifférence du monde contemporain. Ce ton de complainte était souligné par la voix parfois tremblante du pape. Il a particulièrement évoqué la souffrance des chrétiens d'Indonésie et des habitants de la Terre Sainte, où la `violence continue à ensanglanter le chemin laborieux de la paix´.

Quelques heures plus tôt, sous une pluie battante, le pape s'était déjà adressé aux chrétiens de Terre sainte: `Avec vous, nous tremblons pour le sort de toute la région du Moyen-Orient´, avait-t-il déclaré lors de la messe de minuit, les assurant qu'il leur était très proche. Le pape était alors apparu plutôt en bonne forme et avait lu son homélie d'une voix claire et forte.

Après ces cérémonies de Noël, le Souverain pontife va maintenant s'accorder quelques jours de repos dans sa résidence de Castelgandolfo, située dans la banlieue de Rome, avant de regagner le Vatican en fin de semaine. Un nouveau parcours du combattant l'attend. Le 6 janvier, le pape refermera alors symboliquement la porte de la Basilique Saint-Pierre pour marquer la fin de cette année sainte qui aura vu près de 25 millions de pèlerins se rendre à Rome. Une année sainte qu'il aura menée à son terme malgré des informations parfois alarmantes sur son état de santé et des rumeurs de démission.