Malgré le coronavirus et les conséquences que cela entraîne, la vie continue et charrie son lot d’événements heureux. Parmi ceux-ci, il y a la naissance de la mignonne petite Lily Belle, le samedi 14 mars dernier, à deux heures du matin.

En compagnie de ses heureux parents, Kika et Thomas, la petite famille a vécu une grande première en Belgique : Lily Belle est le premier bébé né sous le nouveau protocole d’isolement des patients coronavirus. Une expérience qui aurait pu se révéler difficile pour la famille mais les parents préfèrent mettre en avant l’humanité affichée par le personnel de l’hôpital Saint-Pierre. “Lily Belle est notre deuxième enfant”, nous raconte Thomas. “Elle a un grand frère de cinq ans qui est, lui aussi, né à l’Hôpital Saint-Pierre. Nous avions déjà beaucoup apprécié le caractère humain de leur approche.”

Les derniers jours de la grossesse furent particuliers. “C’était spécial”, confirme Kika, brésilienne de naissance et parlant très bien français. “L’évolution de la pandémie a été très rapide. Une amie travaillant dans le domaine se montrait assez alarmiste. Je devais vraiment faire très attention, vu que j’étais affaiblie par la fin de la grossesse. Depuis le 6 mars, je suis donc restée à la maison, avec mon premier enfant, soit une semaine avant la naissance.”

© Thomas Israel

Si Lily Belle est venue au monde le samedi 14 mars, les parents étaient venus deux jours avant la naissance, aux urgences, le jeudi 12 mars. “Kika avait un peu de fièvre, une toux et était prise de vomissements”, se souvient Thomas. “Elle était donc considérée à risques. Elle a eu un test de coronavirus. Dans le doute, quand nous sommes revenus le lendemain, nous étions les premiers à accoucher de manière isolée.”

“Le monde a vraiment changé entre notre entrée à l’hôpital et notre sortie”, constate Kika. “Mon mari est un peu sorti pendant ces cinq jours. Lily est née le jour où le monde a changé.”

Un beau bébé de 3,1 kg pour 47 centimètres qui, comme ses parents et son frère, se portent bien. C’est là l’essentiel. “Nous avons le sentiment que nous avons été un peu préservés à l’hôpital ; ce n’est pas plus mal”, explique Kika.

Et Thomas de continuer : “Nous étions un peu à l’abri, dans une chambre isolée. Nous avions le sentiment de ne pas pouvoir être infectés.”

“Tout le monde était dans l’accompagnement”

© Thomas Israel

Le dispositif, impressionnant comme on peut le voir sur les photographies, n’a pas été de nature à paralyser les parents ou le personnel hospitalier, qui s’est montré à la hauteur de l’événement. “Tout le monde était dans l’accompagnement”, sourit Thomas.

“Chacun et chacune étaient aux petits soins et faisaient, malgré tout, preuve d’humour”, embraye Kika.

Humour et bienveillance se manifestaient également au travers de petites attentions : “Sur la porte de la chambre, un petit fantôme dans le style du film Ghostbusters prévenait de faire attention”, expliquent ces habitants de Rhode Saint-Genèse. “Il y avait quand même un peu d’humour.”

© Thomas Israel

Kika (43 ans) et Thomas (44) ont assisté de près à la mise en place du protocole d’isolement des personnes corona-virées. “Le personnel découvrait les instructions et les lisait en même temps qu’il les appliquait”, relate Thomas. “À force, nous sommes finalement devenus des experts et nous pouvions renseigner ceux qui prenaient la relève (rires).”

Entre l’arrivée en salle d’accouchement le vendredi 13 mars à 9h du matin et l’accouchement le samedi à 2h du matin, Kika et Thomas ont en effet rencontré pas mal de monde. “Nous avons quand même de la chance que l’accouchement s’est révélé sans complication”, assure Thomas. “Tout s’est en effet bien passé. Ce fut un bel accouchement. Comme les gens portaient gants, lunettes et masques, on ne voyait que des yeux. Mais des yeux gentils.”

“Les sages-femmes étaient toutes magnifiques”, sourit Kika. “Elles étaient chaleureuses. Elles ont fait l’effort de laisser leur peur éventuelle de côté.”

Car si Kika a été testée pour le coronavirus, aux urgences, le jeudi, le test n’est revenu que le lundi, soit deux jours après la naissance. “Thomas était à la maison avec notre fils Mattéo”, souffle l’heureuse maman. “Une infirmière est rentrée dans la chambre sans protections. Elle arborait un grand sourire et me confirmait qu’il n’y avait pas de risques.”

“Ce fut une libération”, concède Thomas. “Nous avons pu sortir de la chambre et voir les visages des sages-femmes, qui préparaient déjà deux autres chambres. C’est une ambiance particulière, une maternité étant un lieu habituellement bourré de vie.”

"Nous ferons la fête plus tard"

La première photo de la petit Lily Belle © Thomas Israel

Kika et Thomas n’ont pu accueillir personne à l’hôpital. “Nous ferons la fête plus tard”, assure la maman. “Ma famille devait venir du Brésil mais a dû annuler le voyage. On devait s’y rendre en mai. Mais l’hiver va commencer là-bas. La pandémie n’y sera-t-elle pas plus forte à ce moment-là ? Comment cela va-t-il se passer ? Ma fille pourra-t-elle voir sa grand-mère, qui a 81 ans ?”

Au moment de sortir de l’hôpital le mercredi 18 mars, après cinq jours en raison d’une petite infection bactérienne de Lily Belle sans gravité, Kika et Thomas n’ont pas reçu de consignes particulières. Ils peuvent dorénavant trouver un nouvel équilibre, avec le grand-frère de cinq ans. “Une amie brésilienne était venue mais va sûrement devoir rester plus longtemps que prévu”, remarque Thomas. “Mon père, pédiatre, est le seul qui est venu à la maison, mais pas longtemps et avec les protections d’usage. Nous devons lever le pied sur le travail. Maintenant, nous pourrons nous concentrer à fond sur Lily Belle. On va se réorganiser à quatre…”

Avec le grand frère, Mattéo © Thomas Israel

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