Société Si des faits de ce type sont signalés, la ministre de l’Éducation enverra son Inspection.

Pour la ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS), ce système de tickets-toilettes est intolérable. La ministre s’appuie sur une mission d’investigation qui a été menée au niveau de l’Administration générale de l’enseignement (AGE) il y a plusieurs années.

Les conclusions allaient dans ce sens : "Il faut permettre à chaque élève de répondre à ses besoins physiologiques, afin de lui permettre de reprendre dans de bonnes conditions son travail et consacrer toute son énergie aux apprentissages, mais également d’éviter tout mal-être ou malaise qui entravent l’épanouissement."

Si des faits de ce type sont signalés, la ministre de l’Éducation enverra son Inspection pour effectuer le contrôle des pratiques, indique son cabinet.

Suite aux recommandations de ce même rapport "Ne Tournons pas autour du pot" réalisé dans le cadre du Pacte d’Excellence, des moyens budgétaires ont été dégagés pour la rénovation des toilettes dans les écoles.

Pour cette année, 522 000 euros ont été prévus et 532 000 euros pour l’année prochaine. C’est depuis 2018 que cet appel à la rénovation des toilettes existe.

"Aller aux toilettes à l’école reste ultra-problématique"

Dans certaines écoles, des élèves doivent demander du papier toilette devant tout le monde.

Daphné, Renders, de la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (Fapeo), en charge de la santé, de l’hygiène et du bien-être à l’école réagit au problème de Cassie révélé par sa maman.

Aller aux toilettes à l’école : une source de stress ? D’angoisse ?

"Cela reste ultra-problématique. Les toilettes sont des lieux hautement fréquentés, alors qu’elles devraient être des espaces d’intimité. Il y a souvent des problèmes de propreté. De violence. On y enferme des élèves. Il y en a qui regardent en dessous de la porte. Il n’y a pas d’adulte pour surveiller. En outre, s’il y a cent élèves dans une école, tous ne vont pas vouloir se précipiter aux toilettes à la récréation. Ils pensent à autre chose, à courir, à jouer."

Les tickets-toilettes : est-ce le pire de systèmes ?

"Clairement, oui. À la base, il y a déjà les blocages pour les raisons que je viens de citer. Il y a aussi des enfants qui sont plus timides. En outre, certains n’osent déjà pas, par timidité, se lever devant toute la classe et sortir pour aller faire leurs besoins. Alors, ils se retiennent et finissent, à la longue, par se rendre malades. Ou alors, ils boivent moins d’eau. Si, en plus, il y a un système de tickets à donner à l’institutrice chaque fois qu’ils veulent sortir, ça les enfonce encore plus. Du reste, il n’y a pas que ce système qui pose problème. Dans certaines écoles, des élèves doivent demander du papier toilette devant tout le monde. Si c’est pour faire pipi, ils reçoivent deux feuilles. Si c’est pour la grande, c’est quatre feuilles."

Ces dispositifs peuvent-ils entraîner des problèmes de santé ?

"En tout cas, on constate qu’il y a encore de nombreux élèves qui sont touchés par une infection urinaire ou par une constipation maladive. Pour éviter cela, il faut proscrire des systèmes limitatifs et offrir des toilettes propres et sécurisantes. Dans certaines écoles, il y a de beaux projets qui vont dans ce sens. Comme, par exemple, la mise ne place de toilettes sèches…"

Un garçon n’a pas pu se retenir en classe

En octobre 2018, un cas similaire avait fait polémique. Dans la région du Centre, une enseignante se plaignait de voir ses élèves sans cesse demander l’autorisation d’aller faire pipi. Elle a donc mis en place un système de jetons. Mais le nombre se limitait à trois par jour. Jusqu’au jour où un petit garçon de huit ans s’est vu refuser d’aller faire pipi alors qu’il avait encore un jeton à disposition. Il a donc rejoint son banc où il n’a pas pu se retenir.

À l’époque, la direction déclarait que l’enfant avait été autorisé une première fois à aller aux toilettes. Il a voulu y retourner en plein contrôle. L’enseignante lui aurait demandé s’il avait fini son interro et c’est de lui-même qu’il serait retourné à sa place.

Un conseiller communal avait alors invoqué une “forme de maltraitance”, ajoutant qu’“un besoin urgent, cela ne se commande pas vraiment, surtout à un certain âge”.