L’improbable tendance de ce début d’été se répand comme une traînée de poudre d’Akileïne.

Fashion-Alert. Plus virevoltant que le hand spinner mais pas moins nostalgique que la folie Pokémon Go, le retour improbable du duo claquettes-chaussettes est en train de s’ériger comme la tendance de ce début d’été. Et ça pique aux yeux des bien chaussés, exemptés du romantique de l’ambiance vestiaire du club de sport ou du touriste teuton.

Soyons tout d’abord précis : par claquette, on n’entend pas la tong, légère et estivale, qui s’impose près de nos plages. Non. On parle de la vraie paire de slaches, en plastique, souvent floquées des trois bandes, que font clapoter les joueurs d’ABSSA le samedi. À laquelle on joint une paire de chaussettes tennis, si possible blanches, quoi qu’il en soit fièrement remontées jusque par-delà la cheville. Ultimate Combo.

Tout buzz, aussi décomplexé soit-il, a forcément son origine. En l’occurrence, ici, il s’agit du hip-hop français. Le rappeur marseillais Jul avait légèrement trempé ses orteils dans la mare du bon goût, rappant, dès 2015, dans Wesh alors, "J’suis dans l’game en claquettes, dans le carré VIP en survêt ". Cette punchline a sans doute mis le pied à l’étrier à Alrima !

Auteur du récent hit Claquettes-Chaussettes (près de 3,5 millions de vues sur YouTube), le rappeur parisien (Ris Orangis) y entame une grande mission de réhabilitation du style pédestre tant contesté. Le morceau, décalé et truffé d’Auto-Tune, n’est d’un grand intérêt ni pour les historiens de la musique ni pour les mélomanes avertis, mais il se répand comme une traînée de poudre d’Akileïne dans l’Hexagone, notamment dans les lycées ou le duo infernal se substitue de plus en plus aux baskets, et ce, y compris pour les filles.

"On était de bonne humeur et on s’est dit que c’était le moment de lancer un rap sur les claquettes-chaussettes, a expliqué Alrima à nos confrères français du HuffPost. On a pris ça comme un défi. C’était quitte ou double : soit la chanson fonctionne, soit on passe pour des guignols."

Pourtant, le come-back de la claquette-chaussette a des racines plus profondes. Et plus internationales. Rihanna, égérie (entre autres) de la marque Puma, réhabilitait le look slides and socks dès 2012, déjà. Pour des campagnes de pub, mais aussi en privé, comme en témoignent les reliques de son compte Instagram. Plus ancien encore : le mémorable passage de Franck Ribéry sur le plateau de Téléfoot à la suite du naufrage des Bleus à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, marqué par le clash Anelka-Domenech…

Par ailleurs, de plus en plus de célébrités jouent le jeu des claquettes-chaussettes, de Kendall Jenner en passant par Kendji Girac, les footeux Paul Pogba, Layvin Kurzawa ou David Beckham, le mannequin Bella Hadid (dans le monde des catwalks, on les nomme élégamment mules, mais elles claquent pareil que celles de votre moniteur de piscine !), Miley Cirus, et bien d’autres…

Reste à voir si le combo claquettes-chaussettes restera chevillé à nos pieds au-delà de l’été, ou s’il sera contraint de se planquer fissa comme un ongle incarné sous une chaussette Artengo dès que le vent aura tourné.

© DR


NOTRE SELECTION:

L'éternelle

© Adidas
THE claquette. L’Adilette a déjà 45 ans ! (30 €)


L'alternative

© Nike
Autre star du monde de la claque : la Nike Benassi (à partir de 24 €). nike


La bling-bling

© LV
Trop plouc, l’Adilette ? Louis Vuitton a pensé à tout. 360 €.


La chic-champêtre

© DR
Pas chic, la slache ? Pour Chanel, si. Mais à 560 €. Sans chaussettes.


La douillette

© DR
Givenchy ose carrément ces mules en fourrure… à 475 €.