Le septième fils consécutif d’une famille peut avoir le souverain pour parrain.

Au sein de toute famille belge, le septième garçon peut avoir pour parrain le roi Philippe. C’est également valable pour les filles qui pourraient être filleules de Mathilde. "Le Roi et la Reine sont traditionnellement parrain ou marraine du septième fils ou de la septième fille dans une famille, à condition que cette succession de garçons ou de filles soit ininterrompue." Au Palais royal, on nous indique que l’actuel roi des Belges a trois filleuls. La reine Mathilde en a une.

La condition ? Que le garçon soit le septième fils consécutif et que la famille ou le bourgmestre de la commune en fasse la demande officielle auprès des représentants du Roi.

Sur son site, le Palais royal précise : "Le Roi et la Reine peuvent octroyer leur parrainage au 7e fils consécutif ou à la 7e fille consécutive d’une famille établie en Belgique depuis une durée suffisamment longue. Il s’agit d’une faveur royale, il n’y a donc pas d’octroi automatique."


Cadeaux

Au moment où le parrainage est acté, la famille de l’enfant reçoit, comme le veut la tradition, un plat en argent avec le monogramme des souverains en cadeau.

Il reçoit également, à chaque anniversaire, une carte de vœux signée par le Roi et/ou la Reine.

"L’année de ses 14 ans, il reçoit une invitation au concert de Noël", ajoute-t-on du côté du Palais royal.

Cette tradition a été instaurée par Léopold 1er. Léopold II a ajouté que le septième fils consécutif d’une famille recevait le parrainage du Roi.

Certaines fois, le prénom du souverain qui est devenu leur parrain (ou marraine) leur a été attribué.


Record pour Baudouin

Le roi Baudouin, qui a régné sur la Belgique durant 42 ans, détient le record de filleuls. En effet, le souverain aujourd’hui décédé était le parrain de 594 garçons à qui il envoyait des cartes de vœux. Son épouse, la reine Fabiola, elle, a donné son prénom et/ou est devenue marraine de 260 filles.

Ce nombre impressionnant de filleuls s’explique, entre autres, par le baby-boom dans les années 1960.

En 2012, on dénombrait 31 filleuls pour le roi Albert II.

La reine Paola a 33 filleules. Elle en a rencontré certaines (dont quelques fillettes qui ont le même prénom qu’elle), à leur demande.

© BAUWERAERTS

"J’ai été un des derniers filleuls de Baudouin"

Ali El-Abouti, un Anderlechtois de 28 ans, a été un des 594 filleuls du roi Baudouin. "On devait le rencontrer, mais ma mère était malade ce jour-là", se souvient-il.

Ali El-Abouti, 28 ans, a passé son enfance dans un des quartiers les plus pauvres de Bruxelles, celui de Cureghem, à Anderlecht. Un quartier dont le nom se retrouve régulièrement dans les médias en raison des tensions récurrentes entre certains jeunes et les forces de l’ordre.

Des jeunes que le jeune homme s’efforce d’aider le plus possible depuis son adolescence, leur assurant qu’un futur est possible pour tous, même quand on habite le quartier et qu’on est d’origine étrangère. Mais Ali n’est pas seulement un éducateur de rue engagé, car il est également le filleul… du roi Baudouin.

"Je suis le huitième frère de la fratrie. Il faut normalement être le septième pour devenir le filleul du Roi, mais mon grand frère est né au Maroc et cela ne compte pas. Je suis né en 1988 et le roi Baudouin est mort en 1993. Je dois être un de ses derniers filleuls", explique le jeune Bruxellois. "Je ne l’ai jamais vu finalement. On devait aller le rencontrer et un rendez-vous avait été prévu. Mais ma mère était malade, donc finalement l’entrevue a été annulée".

En fait, les parents d’Ali ont attendu les 14 ans de leur fils pour lui annoncer le nom de son célèbre parrain. Or, à cette époque, le souverain était déjà décédé. "Finalement, je ne savais pas qu’il était mon parrain et cela n’a pas beaucoup changé ma vie. Comme chaque famille concernée, on a reçu quelques cadeaux à ma naissance, comme du lait, un berceau et d’autres trucs de ce genre. On recevait également chaque année une carte postale, mais cela s’est arrêté quand Baudouin est mort", explique le jeune éducateur de rue.

De ces cartes postales et ces présents de naissance, il ne reste nulle trace. Tout s’est perdu au cours de déménagements. "Être le filleul de Baudouin ? Cela n’a pas marqué ma vie, mais cela reste à dire quand même. C’est comme un titre honorifique", conclut Ali.