Société La pêche en milieu urbain fait des émules en Belgique. Mais attention, pas question de tuer les poissons capturés…

Tout droit venu des États-Unis, le street-fishing fait des émules en Belgique. Cette pratique diffère de la pêche traditionnelle dans le sens où il s’agit de pêche itinérante qui se fait uniquement en milieu urbain.

"Le street-fishing, c’est de la pêche aux leurres. Nous plaçons donc des imitations en plastique de poissons qu’on attache à l’hameçon. Notre mot d’ordre est de ne pas utiliser d’animal réel pour attraper un autre animal", confie Anthony Ramakers, passionné de pêche et de street-fishing. "Tous les poissons que nous capturons sont remis à l’eau dans les meilleures conditions possibles en évitant bien évidemment de les blesser. On les relâche de manière respectueuse et délicate", assure-t-il.

Le street-fishing a vu le jour dans les grandes villes américaines situées en bordure de mer ou autour des grands fleuves. Cette discipline a ensuite été popularisée au Japon avant d’arriver en Europe il y a une dizaine d’années. "J’ai découvert cette pratique via des documentaires animaliers. J’ai toujours été un amateur de pêche et depuis maintenant six ans, je suis tombé accro au street-fishing", explique Anthony. "La particularité est qu’il s’agit d’une pêche itinérante. Ce n’est pas l’image qu’on a du papy assis sur sa chaise à attendre que le premier poisson morde à l’hameçon. Ici, on pêche pendant une dizaine de minutes à un endroit, et si on ne capture rien, on marche jusqu’à un autre spot. Nous retrouvons principalement des perches, des sandres, mais également des brochets ou des silures en fonction de la région où l’on se situe."

Du côté de Bruxelles, le street-fishing se pratique surtout dans le canal de Bruxelles même si l’on est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise dans les eaux troubles de la capitale…" Il nous arrive de tomber sur des vélos, des caddies ou des voitures. Une fois, des pompiers extirpaient des eaux un corps à une centaine de mètres de nous", se souvient Anthony. "Les eaux sont plus propres dans la Meuse, et il y a une grande communauté de street-fishers à Liège, mais aussi à Charleroi."

Cette pratique insolite rencontre un beau succès notamment chez les jeunes. "C’est de la pêche moderne qui attire un public plus jeune. Ce qui plaît, c’est le côté dynamique de cette pratique puisqu’on est amené à beaucoup bouger en marchant parfois une dizaine de kilomètres. Il y a un côté très ludique et convivial, et en plus cela se pratique en extérieur donc c’est l’occasion de prendre une bonne bouffée d’air frais entre amis", précise Anthony.

Preuve de l’engouement, la commercialisation des leurres n’a jamais été aussi importante. "Dans les magasins de pêche, les leurres proposés ont augmenté de 40 % en seulement quatre années. Les stocks ne cessent d’augmenter suite à la demande toujours plus importante", conclut ce Bruxellois vivant à Jodoigne.