Société Après un harcèlement moral chez Belgacom

BRUXELLES Le crâne rasé, le bouc austère, les boucles d'oreille intégrées aux lobes ne détournent pas le regard. Et pour cause, Guy a aujourd'hui le visage complètement tatoué. Une action douloureuse et irréversible effectuée pour exorciser en quelque sorte des années de harcèlement moral, dit-il.

Dans le cadre de son émission Faits divers du mercredi 20 novembre à 20 h 15 sur la Une, la RTBF va diffuser un reportage sur Guy Lemaire. Non pas le présentateur bien connu de la même chaîne, mais bien un anonyme homonyme qui a vécu bien des malheurs depuis la restructuration et la transformation de l'ex-RTT en Belgacom.

Ayant débuté sa carrière dans l'ex-RTT, Guy Lemaire y travaillait comme ouvrier spécialisé. Il évolue et devient dessinateur, électricien, travaille au garage puis au fil du temps se tourne vers l'informatique. Avec la restructuration, une cellule de réorientation l'envoie dans un service comptable où il est nommé chef de section. Aussitôt, expliquera-t-il, il accumule les brimades de la part de son supérieur. Devenir délégué syndical ne changera rien à sa situation. Depuis deux ans il est en congé-maladie. Pour surmonter ses épreuves, il s'est fait tatouer un moko sur le visage. Un tatouage sacré issu de la culture maori en Nouvelle-Zélande.

`C'est une démarche différente du tatouage. Des tatouages, j'en avais déjà quelques-uns avant. Mais c'était plus par souci d'esthétisme. ici, après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé d'accomplir un rite initiatique pour me montrer à moi-même, pour sortir de la dépression. C'est pour moi une façon de sortir de l'abattement, de retrouver ma fierté, le respect de moi-même.´

A voir mercredi sur le petit écran.

© La Dernière Heure 2002