Lancée le 16 avril, la deuxième enquête Sciensano a parlé. Entre autres informations, on y apprend que, depuis le confinement, il y a bel et bien un léger relâchement - avoué - dans la population.

Des résultats qui viennent d'être transmis, on peut lire qu'entre la première et la deuxième enquête réalisée par cet organisme, on note une augmentation de la proportion de personnes qui disent ne pas respecter strictement les mesures de distanciation physique - de 10%, on est en effet passé à 12% - et de même pour les mesures de confinement (de 5% à 7%). Par contre, s'agissant de l'hygiène des mains: statu quo. A ne pas respecter les règles de base sans cesse répétées, ils sont encore et toujours 14% dans la population.

© Sciensano

Alors, pourquoi ne respectent-ils pas scrupuleusement les recommandations ? Plus de la moitié (53%) ont évoqué comme raison qu’ils étaient prudents et que cela ne devrait donc pas poser de problème et près du quart des personnes qui ont répondu à l'enquête en ligne rapportent aussi ne pas respecter les mesures parce qu’elles ne font pas partie d’un groupe à risque. Des motifs qui étaient déjà avancés lors de la première enquête initiée trois semaines après l'introduction des mesures de restriction, soit le 2 avril 2020.

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Quant à savoir plus précisément quelles sont les personnes les moins respectueuses des mesures en vigueur, ce sont les jeunes et les hommes qui s'avèrent significativement plus nombreux à ne pas respecter strictement les différentes mesures mises en place. En chiffres, pour cette deuxième enquête, cela représente 9% des hommes contre 5% des femmes qui disent ne pas respecter strictement les mesures de confinement. De même, 16% des 18-24 ans et 12% des 25-34 ans reconnaissent être dans ce cas contre seulement 5% et moins à partir de 45 ans.

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Une question de confiance aussi

"Le respect des mesures est aussi associé à la confiance que les répondants éprouvent envers les institutions en ce qui concerne la bonne gestion de l’épidémie, commente Sciensano. Les personnes ayant peu confiance dans les institutions sont plus nombreuses à ne pas respecter strictement les mesures, mais les tendances varient selon le type d’institution. Parmi les personnes ayant très confiance dans le gouvernent national, les gouvernements régionaux et les autorités locales, on trouve une proportion plus élevée de personnes respectant strictement la distanciation physique ou le confinement. Parmi les personnes ayant très confiance dans les services de soins et les institutions scientifiques, on trouve aussi une proportion moins élevée de personnes ne respectant pas strictement les trois mesures en vigueur".

Ici, les différences sont plus importantes : 11% à 12% des personnes ayant confiance dans ces institutions déclarent ne pas respecter strictement la distance physique contre 16 à 17% des personnes qui ont peu confiance dans ces institutions.

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Les professionnels de la santé plus crédibles que les politiques

"L’aspect de la confiance est important à considérer, surtout dans le contexte actuel où la confiance dans les institutions est souvent mise à mal, commente encore Sciensano. Les résultats de nos enquêtes montrent que la population a principalement confiance dans les services de santé et les institutions scientifiques et beaucoup moins dans le gouvernement local, les gouvernements régionaux et les autorités locales. Ceci n'est pas surprenant : depuis le début de la crise du COVID-19, la politique et les médias se sont principalement concentrés sur la perspective scientifique telle qu'exprimée par les virologues, les épidémiologistes et les professionnels de la santé".

Et de fait, la confiance dans les professionnels de la santé reste toujours aussi élevée : 92% dans les deux enquêtes, alors que la confiance dans les institutions scientifiques a faiblement diminué (de 88% à 84%). En ce qui concerne la confiance dans les autorités locales, elle est restée stable (de 49% à 50%).
Quant à la confiance dans le gouvernement national et les gouvernements régionaux, elle a en revanche diminué significativement entre les deux enquêtes, passant respectivement de 53% à 38% et de 45% à 34%).

Pour expliquer ces chiffres, Sciensano avance comme hypothèse la "fatigue du confinement". "Le nombre de mesures (confinement, distance physique, port du masque, etc…) combiné à la longue durée de la crise, pourraient rendre la population plus critique envers les mesures de protection et moins encline à les suivre".

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Les habitudes de vie changent

Pour ce qui est de l'activité physique, un peu plus de la moitié de la population belge a modifié ses habitudes en la matière depuis le début de la crise du Covid-19. Près d'un Belge sur 4 (23%) a augmenté sa pratique d'activité physique, tandis que près d'un sur trois (29,7%) l'a réduite.

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Comme l'avaient déjà révélé de précédentes études, confinement rime trop souvent avec prise de poids. Une personne sur quatre dit ainsi avoir pris des kilos depuis le début des mesures de confinement. Sciensano remarque à ce sujet que la sédentarité a augmenté, "probablement en raison de la quarantaine et du télétravail généralisé, avec un doublement du pourcentage de personnes qui restent assises plus de 8 heures par jour" (56,1% contre 23,4% en 2018).

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Les personnes interrogées semblent également consommer moins d'alcool mais plus de tabac qu'en temps "normal", tandis que la consommation de tranquillisants et de somnifères est en augmentation. Une autre tendance à déplorer dans cette deuxième enquête est la hausse des violences domestiques, surtout verbales et psychologiques.

Pour ce qui est des habitudes alimentaires, elle ont par contre peu changé, selon cette enquête et contrairement à ce que l'on dit observer généralement. Où l'on nous indique plutôt que le Belge cuisine davantage, et consomme plus local.

A propos des enquêtes Sciensano

Les principaux thèmes abordés dans cette deuxième enquête lancée le 16 avril dernier concernaient : la connaissance et le respect des mesures de prévention en vigueur, les cas d’infections au coronavirus, l'accès général aux soins de santé, ainsi que la santé mentale et sociale.

Chacune des enquêtes est restée en ligne pendant une semaine et a collecté les réponses de plus de 40 000 personnes âgées de 18 ans ou plus, indépendamment l’une de l’autre.

Dans ce second volet, comme pour la première enquête, on apprend que la population continue à se considérer comme suffisamment informée sur le COVID-19 et les mesures de protection en vigueur.