En 2019, les Bruxellois passaient en moyenne 195 heures dans les embouteillages. Bogota, Rome, Dublin et Paris sont dans le haut du classement du temps perdu en voiture avec plus de 240 heures par an. Arrive Bruxelles et Anvers respectivement à la 15e et 56e place. Aujourd’hui, après la période covid, nous sommes revenus à ce niveau de congestion automobile. Il faut donc sans aucun doute revoir les priorités.

Les puristes du déplacement en voiture, peuvent continuer à pester contre les vélos, trottinettes et autres moyens de déplacements doux, mais ont-ils pensé à l’impact sur la santé mentale de ces huit jours passés dans les embouteillages ?

De nombreuses études se sont penchées sur le problème et il est évident que cela fait augmenter le niveau de stress, et en cascade provoque un épuisement qui peut amener jusqu’au burn-out.

Elodie Repellin, sophrologue, expliquait à nos confrères du Parisien : “Dans les bouchons, l’hormone du stress, le cortisol, augmente. Ce qui se traduit par des maux de tête, de dos ou de ventre. Cela agit aussi sur nos émotions et peut provoquer de la colère ou de l’agressivité. Seul au volant de sa voiture, on peut en effet vite basculer dans l’impression d’avoir des ennemis partout. Et cela a aussi des répercussions sur le travailleur qui ne supporte plus la moindre réflexion, qui a du mal à se concentrer et a aussi du mal à prioriser les choses.” Des techniques existent pour se relaxer lors de ces longs moments d’attente, comme la musique ou les exercices de respiration, mais le plus simple est, dans la mesure du possible de changer les habitudes.

Des solutions existent et parmi elles figurent le télétravail qui, selon une étude du bureau fédéral du plan, fait état d’une diminution de 23 % des automobilistes navetteurs vers Bruxelles, aux heures de pointe et sur autoroute. De plus, cela augmenterait la vitesse de 8 % sur les principaux axes de circulation autour et dans la capitale. On peut aussi évoquer les horaires flottants, qui apportent des déplacements en dehors des heures de pointe ou des journées plus longues afin d’effectuer ses heures légales mais en moins de jours. Ces solutions, étant à mettre en accord avec son employeur, elles ne sont pas toujours simples à organiser.

© Jean-Luc Flémal

C’est là que la mobilité douce entre en scène et peut s’adapter à chacun de nous.

Le vélo a beau s’accompagner d’un risque d’accident et d’exposition à la pollution, il permet surtout de diminuer les problèmes de santé tel que le diabète, les maladies cardiaques mais aussi la dépression. Une étude allemande explique que chaque kilomètre parcouru à vélo équivaut à 0,45 dollar économisé pour le système de santé. Cela pourrait permettre la construction de pistes cyclables. Si la Flandre est en pointe de ce côté-là, reste que pour les déplacements en ville, Bruxelles et les principales villes wallonnes sont à la traîne et pourraient s’inspirer du gain santé pour développer une politique de mobilité douce pour tous.

Une belle opportunité pour concilier santé, bien-être et réconciliation des modes de transports afin d’enterrer la hache de guerre entre les automobilistes et cyclistes.

On le sait, c’est l’environnement qui compte !

Le gaz à effet de serre est une des principales causes du réchauffement climatique. On le sait, toutes les grandes villes font des efforts considérables pour diminuer ces impacts polluants. Bruxelles a mis en place sont plan Lowemissionmobility qui, d’ici 2035, supprimera tous les véhicules à énergie fossile. En 2026, les scooters à essence, puis progressivement l’ensemble des véhicules polluants disparaîtront. D’un point de vue purement écologique, les modes de transport les plus propres sont la marche, bien évidemment, vient ensuite le vélo sans assistance électrique, puis le train. Le vélo électrique arrive en quatrième position devant la voiture électrique suivie de près par le métro et le tram. Se déplacer proprement est un enjeu majeur, et la mobilité douce doit être un des principaux acteurs de ce changement. Pour cela, il faut rapidement mettre en place les infrastructures qui permettront ce tournant écologique pour le bien de tous.

© Shutterstock

A lire aussi: La petite reine en haut de l'affiche et Bien choisir son vélo.