Invité lors d'une conférence à l'Université de Gand le 4 décembre, le chirurgien Jeff Hoeyberghs a suscité un vif tollé.

Et pour cause, l'homme connu pour ses propos misogynes a tenu un discours qui fait depuis le tour de la Toile. Dans ce dernier, il dénonce le comportement des femmes dans le cadre du mouvement MeToo. "Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l’argent, mais elles ne veulent par contre plus ouvrir les jambes", a expliqué le médecin aux étudiants présents dans l'assemblée.


L'homme invité par le KVHV, l'association étudiante conservatrice et nationaliste, ne s'est pas arrêté là. S'en prenant de plus en plus violemment aux femmes, il a ainsi décrété qu'on ne pouvait pas "traiter une femme sur un pied d'égalité sans devenir son esclave". Enchaînant les remarques sexistes, le chirurgien suscite les rires de l'assemblée. "On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselles, des femmes de ménage… tout. Jusqu’à ce qu’elles soient devenues inutiles", s'emporte encore Jeff Hoeyberghs.

La gent masculine n'a également pas été épargnée par le chirurgien qui a critiqué les hommes qui avaient besoin de l'aide d'une femme: "Des femmelettes", a-t-il lancé, en colère.

Des propos qui ne sont évidemment pas passés inaperçus. De nombreux internautes ont réagi et vivement condamné le "discours sexiste le plus répréhensible". Le quotidien néerlandophone, De Morgen, rapporte que les étudiants et syndicats ont demandé l'exclusion de la KVHV.

Une action vendredi

L'organisation féministe Campagne ROSA, qui affirme être à l'origine de la diffusion de la vidéo polémique de la conférence du chirurgien plastique Jeff Hoeyberghs, protestera vendredi matin devant le conseil d'administration de l'Université de Gand (UGent). Les militantes veulent l'exclusion de l'association étudiante flamande conservatrice KVHV, qui avait invité le chirurgien misogyne. Il a été filmé et la vidéo fait depuis polémique, ce dont se réjouit Campagne ROSA. "C'est naturellement navrant que de telles opinions existent encore et que des organisations étudiantes d'extrême droite les propagent", souligne Mai Vermeulen, membre de l'organisation féministe.

L'action contre le KVHV est prévue vendredi à 08h00. "Le recteur veut suspendre temporairement l'association mais ça ne suffit pas. La seule réponse adéquate de la part d'une institution universitaire qui combat le sexisme est l'exclusion du KVHV", martèle Campagne ROSA.

L'organisation appelle également à ce qu'un débat sur le sexisme soit mené. "Jeff Hoeyberghs et le KVHV sont la partie émergée de l'iceberg. Le sexisme est un problème structurel et social qui crée une image déformée et inférieure des femmes", regrette Mme Vermeulen.