Société 90 % des personnes internées en psychiatrie ne sont pas violentes.

"Les fous sont-ils dangereux ?" C’est la question un peu polémique à laquelle ont tenté de répondre un psychiatre et une psychologue dans une publication du CBCS (Centre bruxellois de coordination sociopolitique). Confrontés à cette question régulièrement, ils ont souhaité amener des éléments de réponse nuancés loin des clichés véhiculés entre autres par le cinéma et les séries.

Ils fournissent quelques chiffres parlants : entre 85 et 97 % des agresseurs ne sont pas des malades mentaux. En outre, plus de 90 % des patients ayant été hospitalisés en psychiatrie ne sont pas violents.

"Le pourcentage d’actes de violence attribuables aux malades mentaux est estimé entre 3 et 5 %, ce qui signifie que si on arrivait à éradiquer la violence liée aux troubles psychiatriques, 95 à 97 % des actes de violence continueraient à être perpétrés", indiquent-ils.

Les personnes atteintes de troubles mentaux sont, au contraire, plus susceptibles d’être agressées.

"Les personnes psychotiques sont plus souvent victimes de violences qu’auteurs de violences. Ce sont des personnes particulièrement fragiles", explique le docteur Heymans, psychiatre au sein de l’équipe mobile de crise de la clinique universitaire Saint-Luc.

Les psychiatres ne nient pas pour autant l’existence d’un danger.

"Nous refusons de véhiculer l’idée selon laquelle tous les internés sont des Bisounours victimes d’un système sécuritaire qui les contraint à tort. Outre la dangerosité liée au passage à l’acte en période de décompensation chez les patients psychotiques, une minorité présente des troubles de la personnalité parfois réfractaires aux soins tels que nous les proposons ", affirment le psychiatre et la psychologue dans la publication du CBCS.