Si le covid semble s'éloigner petit à petit, il en va de même avec les gestes barrières, qui sont de moins en moins respectés par la population. C'est ce qu'indique une étude de l'UCLouvain.

Les scientifiques UCLouvain ont en effet cherché à connaître l’évolution de l’application des gestes barrières (port du masque, distance physique et sociale et lavage/désinfection des mains), dans des contextes différents, en lien avec le déconfinement partiel, sachant que, pour casser les chaînes de transmission du virus il faudrait qu’au moins 70% de la population soit complètement vaccinée. Résultats ?

· De manière générale, le respect des règles diminue à travers le temps, en particulier en ce qui concerne la distanciation physique et la limitation des contacts sociaux. Ce qui témoigne probablement d’un besoin naturel de contacts réels :

· Les femmes sont plus rigoureuses dans l’application des règles que les hommes interrogés ;

· Les jeunes (18-35 ans) et les personnes disposant d’un niveau d’éducation plus élevé négligent davantage le suivi des règles (distance physique et sociale) par rapport aux autres groupes ;

· Plus les gens ont conscience des risques et conséquences d’être infecté, ou sont inquiets de tomber malade, plus ils appliquent les règles ;

· Une confiance très faible dans les experts et les médias est liée à un suivi nettement plus faible des comportements sanitaires ;

· L’influence de l’entourage a un impact direct sur le suivi des règles : moins cette influence est forte et moins les règles sont respectées ;

Face à ces résultats, qu’en est-il de l’évolution de la pandémie en Belgique ? Quels sont les risques éventuels ? Selon Niko Speybroeck, épidémiologiste à l’UCLouvain, "si le nombre de contacts augmente, la circulation du virus va elle aussi augmenter." Pour rappel, la circulation du virus est influencée par 3 paramètres : le nombre de contacts ; les risques de transmission par contact et l’immunité de la population. Même si on a pu couper le lien entre la circulation du virus et les hospitalisations, il ne faut pas sous-estimer les risques. Si l’adhésion de la population diminue, le virus pourra à nouveau augmenter et avoir plusieurs conséquences à commencer par une hausse éventuelle des hospitalisations des jeunes qui n'ont pas encore pu être vaccinés, une augmentation des cas de covid longue durée, que l’on observe chez de plus en plus de jeunes infectés et des risques d’apparition de nouveaux variants. Selon l'UCLouvain, ceux-ci pourraient déclencher une troisième vague si l’immunité collective (70 % de personnes vaccinées) n’est pas atteinte.