18,5 % des enfants sont qualifiés de pauvres

BRUXELLES“Les jeunes sont victimes du fonctionnement de la société, et surtout de la société de consommation. Le niveau sociétal d’exigence est maximal depuis quelque temps et on ne peut pas demander aux jeunes d’être des super-citoyens.”

C’est un peu le cri de détresse lancé par Christine Mahy, présidente du réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN).

Elle réagit aux derniers chiffres qui viennent d’être publiés, faisant état des 18,5 % d’enfants (et post-ados) placés dans une situation précaire car appartenant à une famille appauvrie. Après surendettement, souvent,…

Mais Christine Mahy, elle, fait la distinction entre ceux qui ont eu recours à un crédit à la consommation, “ont dépassé leurs ressources” et se sont “fait piéger” et ceux, qui, dans la précarité, ont dû faire appel à un organisme de crédit pour simplement… “survivre”.

“Ceux-là vivent déjà dans la pauvreté, ils n’ont pas assez d’argent pour boucler leur mois. Je rencontre des gens qui font même appel à un organisme de crédit pour simplement remplir leur chaudière de mazout. Pour ces personnes qui ont besoin de crédit dans ces conditions, il ne faut pas que le moindre pépin leur arrive, sinon c’est un trou difficilement récupérable dans leur mois.”

Quant à la jeunesse, Olivier Bailly, lui, met le doigt sur une constatation inquiétante de la Banque Nationale de Belgique – et à ne surtout pas prendre à la légère – sur son rapport à l’argent. Une certaine corrélation entre retards de paiement en téléphonie et en matière de crédits à la consommation pourrait être établie.

“Dans 68 % des cas (des 25-35 ans), la dette de téléphonie précède la défaillance du crédit. Elle pourrait fonctionner comme clignoteur pour évaluer le risque d’endettement.”

Ce serait trop beau, et peut-être trop utopique de prévoir et surtout d’empêcher telles dérives… “La tentation est souvent trop grande pour un jeune d’être à la page et d’acheter. Même si, rationnellement, il sait que c’est mieux de payer ses factures d’abord…”



© La Dernière Heure 2011