Le jeune âge des enfants ne freine pas la rupture, indique le Baromètre des parents, paru hier.

Et la famille, ça va ? Pour la deuxième fois, la Ligue des familles a fait sonder, par Ipsos, 1600 parents qui vivent à Bruxelles et en Wallonie. Le Baromètre 2016 des parents, dont les résultats ont été publiés mardi, permet de tirer le portrait des familles d’aujourd’hui.

Le modèle "classique" reste le plus courant : six familles sur dix (61 %) sont "nucléaires" (papa, maman et les enfants habitant sous le même toit).

Davantage d’hommes seuls avec enfants

Dans une famille sur quatre, un parent se retrouve seul avec les enfants. Sans surprise, ce sont en grande majorité des femmes qui se retrouvent à la tête des tribus monoparentales. Mais la proportion tend doucement à s’équilibrer. Le Baromètre fait apparaître une forte progression du nombre d’hommes seuls avec enfants, qui représentent aujourd’hui 30 % des parents monoparentaux. Les dernières enquêtes les pointaient plutôt à 20 %.

Un parent sur six (16 %) vit dans un ménage recomposé, qu’il soit le parent biologique ou "rapporté" (belle-mère ou beau-père) ou les deux à la fois (si chacun a eu un ou plusieurs enfants avec son ex). Une famille recomposée sur trois compte trois enfants ou plus.

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Et après la casse conjugale ?

Avant la rupture, la durée de vie moyenne d’un couple (de parents) est de dix ans. C’est peu si on la met en perspective avec la durée de prise en charge d’un enfant, observe la Ligue des familles.

La moitié des parents séparés a vécu une vie de couple pendant 10 ans ou plus avant la rupture, mais dans un quart des cas, la vie commune était inférieure à 5 ans.

Les enfants sont parfois très jeunes au moment de la séparation : pour un parent séparé sur quatre, le gamin le plus jeune était encore bébé (un an ou moins) quand le couple a explosé. Un couple sur dix se sépare avant même que leur premier enfant souffle sa première bougie…

Autrement dit : la présence d’enfants en bas âge ne freine pas (plus ?) la rupture entre les parents.

Et après la casse du couple conjugal ? L’arrangement à l’amiable pour la garde des enfants reste la voie privilégiée par plus de la moitié des parents; les autres passent par le juge (39 %) ou… laissent les enfants décider (10 %).

L’hébergement égalitaire (moitié chez papa, moitié chez maman, selon diverses formules) concernait 29 % des parents séparés interrogés par Ipsos en 2016. La garde principale reste le choix prioritaire de 38 % des parents, les enfants résidant alors le plus souvent à temps plein chez leur maman.

Des pères sur le carreau ?

Le système "un week-end sur deux et la moitié des vacances" chez l’autre (souvent le papa) est d’application dans 13 % des couples séparés.

Globalement, 81 % des parents se disent "satisfaits" à "très satisfaits" du système de garde en place. Mais il y a des déceptions, perceptibles surtout du côté des papas : un sur cinq (21,3 %) ne trouve pas son compte dans l’arrangement qui a été trouvé, contre 11,7 % de femmes.