Les vrais tarifs des auto-écoles

Société

Benoît Franchimont

Publié le

Les vrais tarifs des auto-écoles
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Le prix du permis: entre 50 euros(filière libre) et 1.000 euros (par auto-école)

BRUXELLES Quatre filières vous permettent aujourd'hui d'obtenir votre permis de conduire (pour simplifier, nous ne parlons ici que du permis voiture). Elles ont chacune des avantages et des inconvénients et chacune un prix sensiblement différent. Le point.

Précision importante: pour donner une idée des tarifs des auto-écoles, nous nous sommes basés sur des chiffres fournis par la Fédération des auto-écoles professionnelles de Belgique et par deux sociétés bruxelloises réputées, l'Escam et l'Auto-école européenne. Il est sans doute possible de trouver moins ou... plus cher!

Première étape du parcours, le permis théorique. Deux possibilités: trouver un bon manuel et étudier seul ou entrer directement dans une auto-école et y suivre la formation théorique (prix: de 50 à 75 euros + 15 euros de taxe au centre d'examen). Si l'examen est réussi, il restera valable pendant 3 ans.

Pour les jeunes de 18 ans minimum, trois possibilités existent, dénommées modèles 1, 2 et 3.

Modèle 1: un mélange de filière libre et d'auto-école. Vous devez suivre 10 heures de cours pratiques (8 + 2 avant l'examen) dans une école de conduite agréée et accomplir un stage de conduite avec un guide. Vous passez l'examen pratique avec votre guide après 6 mois de stage minimum et 9 maximum. Prix? Entre 450 et 480 euros, plus 36 euros de taxe lors de l'examen.

Modèle 2: l'auto-école. Vous devez suivre 20 heures de cours pratiques (18 + 2 avant l'examen). Après 18 heures de pratique, vous pouvez entamer votre stage et rouler déjà seul. Ce stage sans guide doit être de 3 mois minimum et 6 mois maximum. Vous pouvez passer votre permis déjà après 3 mois. Prix: entre 900 et 950 euros, plus 80 euros pour la voiture et le moniteur de l'auto-école lors de l'examen, plus la taxe de 36 euros. Les deux avantages principaux de l'auto-école sont d'avoir un professeur expérimenté et de rouler dans une voiture fournie par l'école.

Modèle 3: la filière libre. Une fois le permis théorique en poche, vous pouvez rouler avec un guide. Ce stage de conduite doit durer au moins 9 mois, et maximum 12 mois. C'est la formule la moins chère: 36 euros de taxe à l'examen. Avec les 15 euros de l'examen théorique (à payer dans tous les cas), cela met le permis à 51 euros. Mais on ne compte pas ici le carburant, la voiture et les heures que votre guide bienveillant a passées à vos côtés. Après 2 échecs à l'examen, vous devrez passer par l'auto-école (4 heures).

Il existe une quatrième formule, réservée aux jeunes de moins de 18 ans :

Licence d'apprentissage. Dès 17 ans, il est possible de suivre une formation anticipée à la conduite. Les cours théoriques doivent ici être suivis à l'auto-école (12 heures). Ils sont suivis de 14 heures de pratique. S'y greffe un stage avec guide de minimum 12 mois et maximum 18 mois. Le prix est ici de 700 à 750 euros, plus 80 euros si vous passez l'examen avec la voiture et le moniteur de l'auto-école, plus 36 euros de taxe à l'examen.


Polémique sur les échecs


Auto-écoles et Goca répondent aux critiques

BRUXELLES Le taux de réussite à l'examen pratique est de 65% environ. La moitié des candidats au permis de conduire choisissent la filière libre, et l'autre moitié l'auto-école, avec un léger taux de réussite supplémentaire dans le second cas. «5 à 12% de mieux», explique Georges Van Aerschot, patron de la FAB (fédération des auto-écoles professionnelles de Belgique). Mais cela coûte bien plus.

Trop chers, les cours à l'auto-école? «Sachez d'abord que dans les pays voisins, les cours en auto-écoles sont obligatoires et durent de 38 à 47 heures, répond G. Van Aerschot. La Belgique est donc bien en dessous de ce qui se fait ailleurs. Mais on peut toutefois diminuer le coût: nous demandons au gouvernement de faire passer la TVA de 21 à 6%, ou d'offrir aux jeunes des chèques formation utilisables dans les auto-écoles.»

L'ex-ministre Durant avait les auto-écoles dans le collimateur. Elle les accusait d'être trop chères et même de rajouter des heures non nécessaires, voire de faire échouer des candidats. «Ça ne tient pas! Un candidat peut aller voir ailleurs. Dans notre secteur, le bouche à oreille est primordial. Les gens viennent dans les auto-écoles qui ont une bonne réputation», réagit Roland Wéry, directeur de l'Auto-école Européenne. «En 30 ans de carrière, je n'ai vu que 4 ou 5 écoles suspendues, enchaîne M. Van Aerschot. Mais pour lutter contre cette mauvaise image, nous sommes demandeurs d'une surveillance accrue des 250 sociétés d'auto-écoles belges. S'il y a des indélicats, qu'ils soient exclus.»

Dans le milieu des auto-écoles, on s'étonne en réaction que le taux de réussite dans les centres d'examen soit curieusement toujours semblable d'une année à l'autre. Les examinateurs devraient-ils recaler un quota de candidats? «Les examinateurs ont des critères définis, très précis et fixes pour juger les candidats. Si le taux ne varie pas, c'est parce que le panel de candidats est le même. La preuve: le taux de réussite à l'examen théorique ne varie pas non plus. Et ici, il n'y a aucune intervention humaine...», réplique Katrien De Coster, porte-parole du Goca, le Groupement des sociétés agréées de contrôle automobile et du permis de conduire.


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