Santé Ce 13 novembre, c’est la journée mondiale de la vasectomie, une méthode de stérilisation soumise à de nombreux préjugés.

Les idées reçues autour de la vasectomie ont la vie dure. La plus répandue est sans doute la suivante : la vasectomie réduirait la libido des hommes. C’est faux. "Il n’y a absolument rien qui change, explique le Pr Bertrand Tombal, urologue aux cliniques universitaires de Saint-Luc. Les érections, les éjaculations restent les mêmes, l’aspect du sperme aussi. La seule différence, c’est qu’il n’y a désormais plus de spermatozoïdes." Capacité sexuelle et reproduction ne doivent pas être confondues. La vasectomie a un impact sur la fertilité, mais pas sur le plaisir et le désir.

La vasectomie est une méthode de stérilisation masculine. L’opération consiste à couper et bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Deux incisions sont réalisées à la base de la verge sous anesthésie locale. "Une opération sans douleur", précise le Professeur Tombal.

10 rapports sexuels avant d’être complètement stérile

Le vasectomisé devient-il tout de suite stérile ? "Non, il faut attendre 10 rapports sexuels avant que ce soit le cas. Ces rapports doivent être protégés. Il faut ensuite que le patient réalise un spermogramme trois mois après la vasectomie. Cet examen permettra de savoir s’il reste ou pas des spermatozoïdes dans le sperme." Selon les derniers chiffres de l’Institut national d’Assurance Maladie Invalidité (Inami), plus de 10 000 vasectomies ont eu lieu en Belgique en 2017. En dix ans, cette opération a connu une hausse de 25 %. Le Professeur Tombal réalise entre quatre et cinq vasectomies par mois, avec toujours le même profil. "Ce sont très souvent des hommes d’une trentaine d’années, mariés depuis plusieurs années et pères de deux ou trois enfants. Leur décision émane d’une discussion avec leur conjointe. Les hommes souhaitent les libérer de leur contraception."

Faire machine arrière après une vasectomie, est-ce possible ? En théorie, la réponse est non, mais il existe la technique de la reperméabilisation des canaux déférents, qui relie à nouveau ces canaux sectionnés au cours de la vasectomie. "Il n’y a pas plus de 50% de chances que cette opération réussisse. J’insiste toujours sur le fait que la vasectomie est un choix définitif. La stérilisation est définitive." Le Professeur Tombal a d’ailleurs déjà reçu des jeunes hommes d’à peine 16 ans en consultation. "Je déconseille alors la vasectomie. Le médecin n’est pas toujours obligé d’accepter l’intervention. Le patient a, bien entendu, un délai de réflexion si jamais il souhaite revenir sur sa décision."