Société L’association Lire et Écrire prend en charge plus de 4 000 personnes en Wallonie et à Bruxelles.

Quand on parle d’alphabétisation, on pense souvent aux pays en développement. Une erreur quand on sait qu’environ 10 % de la population de notre pays ne sait ni lire, ni écrire.

Un chiffre qui pose question, mais des réponses existent. Basée à Bruxelles et dans chacune des provinces wallonnes, l’association Lire et Écrire œuvre en ce sens : autour d’une équipe de près de 300 personnes, des cours sont menés tous les jours pour aider les personnes à s’en sortir et surtout à être mieux valorisées dans notre société.

En 2018, elle a aidé plus de 4 000 personnes, un chiffre qui reste stable d’année en année, avec différents profils. "Il y a une grande différence entre Bruxelles et la Wallonie. Dans la capitale, nous travaillons avec 99 % d’étrangers. On parle soit de migrants, soit de personnes vivant en Belgique depuis plusieurs années mais sans en avoir la nationalité, confie Cecilia Locmant, chargée de missions pour Lire et Écrire. On retrouve beaucoup plus de Belges dans nos centres wallons, souvent des personnes qui ne parviennent pas à trouver un emploi ou d’autres qui ont fini leur carrière mais qui veulent enfin prendre le temps d’apprendre."

Les centres ne peuvent prendre en charge que des adultes. "C’est un problème. Nous ne pouvons intervenir qu’après la fin de la scolarité, mais des jeunes en situation d’analphabétisme le sont déjà bien plus tôt. Il y a donc un gap entre le moment du décrochage scolaire et le moment où nous pouvons intervenir."

Cecilia Locmant s’inquiète de l’évolution économique de la Belgique. "Les problèmes de pauvreté, de plus en plus nombreux, ajoutent des freins à l’apprentissage. Certains arrêtent les cours en fin de mois car ils n’ont plus d’argent pour payer le bus. C’est inquiétant."

Comme ses collègues, elle préfère utiliser le mot d’alphabétisation. "Nous définissons le profil de chaque nouvel arrivant pour le mettre dans le bon groupe. Le but est de travailler avec des ateliers d’échanges, mais aussi avec des formations pour apprendre à se débrouiller dans la vie. Nous ne sommes pas dans un modèle scolaire classique où un professeur fait apprendre des choses par cœur aux élèves. Avec un nouvel élève, nous fixons avant tout ses objectifs pour lui donner la meilleure formation possible."

Avec des résultats majoritairement concluants, et c’est tant mieux.