C’est dans le courant du 19ème siècle, notamment lors des guerres de Sécession et franco-prussienne de 1870, qu’apparaît la pratique d’ensevelir les soldats morts au combat dans des sépultures individuelles regroupées dans des cimetières militaires internationaux tels qu’on les connaît aujourd’hui.

L’article 225 du Traité de Versailles confirme cette manière de faire où chaque belligérant assume la responsabilité des sites d’ensevelissement de ses victimes.

De nombreux petits cimetières militaires, surtout anglais, ont été érigés autour d’Ypres en commémoration des héros de 14-18.

Chaque lieu possède son histoire et ses caractéristiques propres mais les soldats, sous-officiers et officiers tombés dans les affrontements de la 2ème guerre se retrouvent égaux devant la mort dans ces cimetières militaires.

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Heverlee, cimetière militaire anglais

La Force expéditionnaire britannique a pris part aux dernières phases de la défense de la Belgique après l’invasion de l’Allemagne en mai 1940, et de nombreux soldats y ont perdu la vie durant la retraite vers Dunkerque. Les forces du Commonwealth n’y sont pas revenues avant septembre 1944, mais dans les années intermédiaires, de nombreux aviateurs ont été abattus ou se sont écrasés lors de raids sur des objectifs stratégiques en Belgique, ou au retour de missions au-dessus de l’Allemagne.

Au terme du conflit, les Britanniques ont pris l’option de ne pas rapatrier leurs soldats tués mais de les enterrer le plus près possible du lieu où ils sont tombés.

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Chaque mort reçoit un traitement égal, sans distinction de rang ou de classe : une stèle rectangulaire de pierre blanche portant l’emblème national ou du régiment, un symbole religieux, l’unité, le nom et le grade, la date du décès et l’âge et, éventuellement, une inscription payante.

Grandeur et monumentalité des cimetières américains

Les États-Unis ont offert aux familles des soldats morts au combat la possibilité de demander le rapatriement des corps après la fin du conflit.

Les deux grands cimetières militaires américains sur sol belge de Neuville en Condroz et Henri-Chapelle accueillent les corps de soldats tombés lors de la Bataille des Ardennes, de la progression en Allemagne et d’aviateurs abattus au-dessus de la région lors d’opérations de bombardement.

Ces deux lieux trouvent leur origine dans des cimetières temporaires érigés au cours du conflit, et présentent des caractéristiques communes dans leur aménagement.

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On y met en évidence des valeurs comme le sacrifice et l’héroïsme des soldats ou la lutte pour la liberté : présence d’un monument mémorial à l’entrée, superficies importantes, utilisation de matériaux nobles, présence du drapeau américain et de l’aigle américain ou des statues représentant la justice, la liberté et la vérité.

Les concepteurs de ces cimetières américains leur ont donné l’aspect de parcs paysagers : les stèles sont impeccablement alignées sur des espaces gazonnés dépouillés entourés de haies et d’arbres. La disposition des tombes est géométrique mais elle varie d’un cimetière à l’autre : en forme de croix grecque à Neuville en Condroz, en arcs de cercle concentriques à Henri-Chapelle.

Ces trois cimetières sont des lieux de mémoire, pour des soldats héroïques qui ont donné leur vie pour notre liberté, et les tombes sont régulièrement entretenues et fleuries par des volontaires afin de ne jamais oublier.