Société

Un phénomène exceptionnel aura lieu ce 11 novembre, auquel on ne peut assister qu'une dizaine de fois par siècle. La prochaine fois, ce sera en 2032.

Ce 11 novembre, en cours d'après-midi, la planète Mercure passera devant le Soleil. La plus petite planète et la plus proche du Soleil de notre système solaire sera visible sous la forme d'un tout petit point noir se détachant sur notre gigantesque étoile. Si la météo est favorable (pas de nuages), on pourra suivre la course apparente de la planète sur le disque du Soleil.

Il s'agit de ce qu'on appelle un transit de Mercure. Deux conditions doivent êtres réunies : tout d'abord, un alignement Terre-Mercure-Soleil, dans cet ordre. Et Mercure doit se situer au voisinage de l'un des noeuds de son orbite, c'est-à-dire à l'intersection du plan de l'orbite de la Terre et de l'orbite de Mercure.

Ce transit pourra être observé dans une grande partie du monde, en fait là où le Soleil est levé au moment du phénomène. C'est l'Amérique du Sud qui sera le mieux située, avec les Antilles et l'est de l'Amérique du Nord, ainsi qu'une petite partie du Groenland et de l'Afrique de l'Ouest. Chez nous ou en France métropolitaine, le transit ne sera pas visible dans sa totalité car le soleil se couchera avant que Mercure ne finisse son voyage.

Sur la carte ci-dessous, les courbes représentent les limites de visibilité du passage de Mercure aux levers et aux couchers du Soleil, respectivement de gauche à droite. Tout lieu situé dans la région centrale permettra l’observation de la totalité du phénomène.

© Observatoire de Paris

Le phénomène débutera chez nous à 13 heures 35 pour se clôturer vers 17 heures.

Concrètement, on pourra observer, sous nos latitudes, le début du passage, puis le maximum (minimum de distance entre le centre de Mercure et le centre du Soleil), mais la suite du passage et sa fin ne seront pas observables, car le Soleil sera couché.

Immensité du Soleil

Mercure est 158 fois plus petite que le Soleil. Comparé à une éclipse de Soleil par la Lune (phénomène similaire), le passage de Mercure ne semble pas si spectaculaire. Mais il permet de se représenter l'immensité du Soleil, dont le diamètre moyen est de 1, 4 million de kilomètres. Le diamètre de Mercure représente une tête d'épingle sur la surface du Soleil : sa taille est comparable à celle d'une tache solaire.

© Observatoire de Paris

"Le phénomène est spectaculaire en ce qu’il permet de se rendre compte du rapport d’échelle impressionnant entre les deux astres, confirme-t-on à l'Observatoire de Paris. Vu depuis la Terre, le disque de Mercure, qui se détachera du fond lumineux, ne sera pas plus gros qu’une petite bille. Par extension, sa contemplation permettra aussi de se représenter les dimensions de notre planète Terre, seulement 2,6 fois plus grande que Mercure. Le Soleil est si lumineux et Mercure si petite sur le disque solaire qu’il sera impossible de distinguer la planète sans instrument spécial. Son observation est donc conditionnée à l’utilisation d’une lunette astronomique ou d’un télescope muni d’un filtre protecteur."

© Observatoire de Paris

De façon générale, il est en effet très dangereux de regarder directement le Soleil sans protection: les dégâts pour les yeux sont irréversibles. Donc, surtout n'observez pas ce transit de Mercure à l'oeil nu, ni même avec des lunettes d'éclipse, car Mercure est si petit que l'on ne le verra donc pas.

La meilleure façon de profiter du phénomène, selon l'astronome Yaël Nazé (Université de Liège), c'est de se rendre chez l'astronome amateur le plus proche ! Ou de participer à des observations publiques. Par exemple, celle de la Société astronomique de Liège à l'observatoire de La Fosse ( 0486 09 25 11). L'observatoire de Paris propose aussi de regarder le phénomène en direct sur son site, via l'observatoire du Pic de Château-Renard à Saint-Véran, situé à 2 936 mètres d’altitude, "meilleur site astronomique d’Europe continentale par la qualité de son ciel".


La première observation d'un transit de Mercure date du 7 novembre 1631 par le savant français Pierre Gassendi. Ce transit de Mercure avait été prédit par Johannes Kepler peu de temps avant sa mort, à partir de ses travaux sur l'orbite elliptique des planètes, avec un écart de seulement 5 heures.