L'Ecofin de Liège s'est voulu rassurant sur l'aptitude de l'Europe à faire face à la crise

LIÈGE Un message rassurant sur la solidité de l'économie européenne, un plan d'urgence destiné à permettre aux compagnies aériennes de faire face à la hausse des primes d'assurance et l'étude de mesures destinées à combattre le financement du terrorisme: le conseil Ecofin de Liège aura été largement dominé par la dramatique actualité internationale, la présentation des pièces et billets en euro voir ci-dessous à 98 jours de l'introduction de la monnaie unique pâtissant quelque peu de cette actualité brûlante.
`L'économie européenne conserve des fondamentaux solides´, a souligné à plusieurs reprises le ministre belge des Finances Didier Reynders, président de ce Conseil des grands argentiers de l'Union européenne.
`En Europe, nous avons les éléments pour résister, surtout si nous avons une politique coordonnée´, a renchéri le Français Laurent Fabius, tout en écartant lui aussi toute idée de récession.
Si la récession évitera peut-être l'Europe grâce, espère Didier Reynders, à une reprise de la demande intérieure, le tableau est quand même loin d'être idyllique. Ainsi, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pedro Solbès, a reconnu que la croissance en Europe serait `nettementsous les 2%´ cette année.

Coup de pouce

Déjà touchées par le ralentissement économique, les compagnies aériennes avaient adressé un appel au secours en fin de semaine dernière à l'Union européenne. Un appel entendu samedi à Liège par les ministres des Finances, qui ont volé à leur secours pour les aider à encaisser le choc de l'augmentation vertigineuse des primes d'assurance couvrant les risques de guerre et de terrorisme.
`Nous avons estimé que la situation actuelle est une situation de force majeure qui permette de prendre des initiatives en faveur des compagnies en difficulté´, a annoncé Didier Reynders à l'issue des travaux de l'Ecofin. Cette intervention des gouvernements a été balisée. Elle est, d'une part, à court terme un mois maximum et limitée `uniquement pour des dommages liés aux risques de terrorisme et de guerre´.
Il appartiendra ensuite à chaque gouvernement de fixer une prime `raisonnable´ qui reflète au mieux les risques encourus. `Nous avons pris une solution dans l'urgence afin que les compagnies puissent continuer à voler la semaine prochaine.´
Concrètement, pour la Sabena, `la Belgique doit demander une prime raisonnable reflétant le risque pris´, a souligné le ministre belge des Finances. `Je ne suis pas un spécialiste et ne peux pas déterminer la hauteur de la prime. Cela fera l'objet de discussions au sein d'un groupe technique´, a-t-il encore précisé. Et ensuite? `Le retour du marché´ sera de mise. En d'autres termes, les compagnies aériennes ont un mois pour trouver la solution miracle.
Les ministres des Finances des Quinze ont également demandé aux autorités de supervision de l'UE de leur présenter pour le prochain Ecofin prévu le 16 octobre un rapport sur les mouvements suspects qui seraient intervenus sur les marchés financiers en rapport avec les attentats de New York et de Washington.
Dans un tel contexte, il aura été difficile aux ministres d'accorder toute leur attention à ce qui devait être, avant les attentats, un thème majeur de la réunion organisée sur les bords de la Meuse: la mondialisation et les moyens de se prémunir de ses aspects négatifs. Ils se sont contentés de promettre de lancer une étude sur la possible taxation des mouvements de capitaux spéculatifs, la fameuse taxe Tobin, qui n'a pas fait l'objet de longs débats à Liège en dépit d'appels pressants de ministres socialistes du gouvernement Verhofstadt auprès de Didier Reynders.