Pornographie : de plus en plus tôt pour les ados

Société

J. M.

Publié le

Pornographie : de plus en plus tôt pour les ados
© EPA
Connotation négative… mais la moitié des jeunes y touchent

BRUXELLES La majorité lui associe des qualificatifs négatifs, mais il n’empêche : un jeune sur deux, âgé entre 15 et 24 ans, consomme plus ou moins régulièrement de la pornographie. Et les plus assidus lui attribuent des vertus non seulement ludiques, mais aussi éducatives sur un plan sexuel. Sachant que ce sont surtout les garçons qui, en ce domaine, se montrent les plus enthousiastes.

À notre connaissance, il s’agit de la première étude aussi approfondie réalisée, à Bruxelles et en Wallonie, à propos de la perception de la pornographie par les adolescents. Quelque 900 jeunes ont été invités à répondre à un questionnaire fouillé; un exercice auquel ils se sont prêtés, pour la plupart, sans la moindre difficulté. Le porno n’est plus un sujet tabou, c’est l’évidence. L’enquête, réalisée à l’initiative des Mutualités socialistes, repose sur un échantillon réparti sur l’ensemble de la Communauté française, avec une concentration sur les grandes villes, comme Bruxelles, Liège, Mons ou Charleroi. Les temps forts.

Le porno, ça te fait penser à quoi ? Au sexe, évidemment et avant tout, associé à des films, à des photos, à des magazines. Il est à remarquer que, dans cette tranche d’âge, la pornographie est plus souvent liée à des termes négatifs (vulgaire, malsain, abus…) que positifs (excitation…). Encore que des nuances sont à prendre en considération (voir ci-contre). Un décalage très net apparaît selon que le répondant est une fille – beaucoup plus critique – ou un garçon.

Tu y touches souvent ? Ben oui. Plus de la moitié des jeunes interrogés – et il n’y a pas de réelle différence selon qu’ils ont 15, 17 ou 24 ans – ont consommé des images pornographiques durant les six mois écoulés. En tête, Internet, consulté, à cet effet, par 30 % des répondants. La revue porno, le DVD et la télé ne sont pas loin. Ici encore, on constate la prédominance masculine : à titre d’exemple, 44 % des garçons ont chauffésur le Net durant le dernier semestre, contre 21 % des filles.

Quant au rythme, les utilisateurs réguliers (une ou plusieurs fois par semaine) regroupent 12 % des répondants, et peu importe l’âge, en gros. On enregistre une proportion similaire d’occasionnels (une ou plusieurs fois par mois), et le double de rares. Ici aussi, les garçons raflent la mise.

Dans quelles circonstances ? “Parce que j’en avais envie, que je le voulais, c’était délibéré”, affirment quatre jeunes sur dix. On notera tout de même que 10 % se sont sentis obligés, dont 15 % de filles et à peine 5 % de garçons. La pression du petit ami, du groupe, sans doute.

La première fois, c’était quand ? Si la moitié de nos enfants sont (relativement) souvent confrontés à la pornographie, neuf sur dix y ont été exposés au moins une fois dans leur existence. Et parmi ceux qui se souviennent de cette première expérience, c’était avant l’âge de 8 ans pour 10 %, et de 13 ans pour 17 % d’entre eux. C’est très jeune, manifestement. La cassette ou le CD arrivent en tête, suivis par le magazine porno.

Internet se retrouve loin derrière… mais cela devrait changer à l’avenir, si ce n’est déjà fait. Enfin, c’est à la maison ou chez des amis que ça s’est passé pour la première fois; en notant que pour un tiers de ceux qui ont découvert cet univers entre 6 et 8 ans, la famille – parent, frère, sœur… – était présente !

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