Lundi soir, le président français Emmanuel Macron a décidé de rendre obligatoire la vaccination contre le covid pour l'ensemble du personnel soignant en contact avec des personnes fragiles. Sont concernés les infirmiers et membres du personnel des hôpitaux, maisons de repos, les aides-soignants, les pompiers et autres ambulanciers. Entre autres car au total, une septantaine de professions sont concernées. Avec un sérieux couperet le 15 septembre prochain : ceux qui ne seront pas totalement vaccinés se verront privés de leur salaire. "Pour en finir avec la pandémie, nous devons vacciner partout", a conclu le président Macron.

Une décision qui ne concerne pas les soignants de Belgique mais qui pourrait influencer la prochaine décision de notre gouvernement. Lequel déplore le faible taux de vaccination au sein du personnel soignant des milieux hospitaliers en maison de repos.

Au sein du personnel soignant concerné, la question divise largement. Un sondage réalisé auprès d'environ 150 professionnels de la santé, en majorité infirmiers, démontre ce clivage : deux personnes sondées sur trois se disent opposées à la vaccination obligatoire et veulent maintenir le caractère volontaire de la chose tandis que la quasi totalité des autres (33%) se dit favorable à une telle obligation. C'est le cas de Jacqueline qui estime que rendre le vaccin obligatoire "est la seule façon de mettre terme à cette pandémie. Je suis infirmière et se faire vacciner, cela coule de source. Je ne comprends pas pourquoi le personnel soignant refuse."

Au final, seules deux personnes ont indiqué être contre le vaccin. Isabelle, 52 ans, se positionne en faveur de la vaccination, mais uniquement sur base volontaire. "Nous sommes dans un état de droit et il me semble normal que les personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner soient respectées, confie-t-elle. Et qu'elles ne risquent pas de perdre leur emploi si elles ne se font pas vacciner."

A noter qu'avant même l'éventualité d'une obligation en Belgique, certains évoquent déjà la menace d'un éventuel recours au conseil d'Etat.

De son côté, Philippe Devos, chef de service adjoint des soins intensifs du CHC de Liège et président de l'​association belge des syndicats médicaux (Absym), estime, au nom de cette dernière, que la vaccination contre le covid est "une obligation déontologique et éthique" pour les médecins et le personnel de santé. "La liberté individuelle de se faire vacciner ou de ne pas se faire vacciner ne saurait l'emporter sur la responsabilité collective et déontologique des prestataires de soins de santé qui doivent prendre soin des plus vulnérables."

Selon l'Absym, l'adage "primum non nocere" (En premier lieu, ne faites pas de mal) s'applique non seulement aux médecins mais aussi à tous ceux qui soignent les patients. Si l'on suit cet adage, il faut tout faire pour éviter de nuire au patient, et donc se vacciner pour ne pas contaminer le patient avec le covid. "L'ABSyM se réjouit qu'environ 90% des médecins soient déjà complètement vaccinés. Aux médecins qui doutent encore, nous souhaitons rappeler qu'ils doivent toujours minimiser le risque pour leurs patients. L'ABSyM ne comprend pas quelle peut être la motivation des prestataires de soins de santé à ne pas se faire vacciner."