"Pourtant, l'IA est partout", écrit Test Achats, qui annonce s'engager, avec ses organisations sœurs de Euroconsumers et le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), à lutter pour plus de transparence et une règlementation encadrant cette technologie. "Tout le monde est aujourd'hui confronté à l'intelligence artificielle dans son quotidien. Cependant, peu nombreux sont ceux qui en sont conscients", indique l'organisation.

En effet, si près d'un Belge sur cinq déclare ne pas être confronté à l'IA dans sa vie, ils sont pourtant 66% à indiquer avoir utilisé les services d'une application de navigation intelligente comme Waze, capable de recalculer d'elle-même le meilleur itinéraire disponible en cas d'obstacles imprévus sur le trajet initialement choisi. Presque autant (62%) ont consommé des contenus proposés par des réseaux sociaux sur base, notamment, de contenus précédemment visionnés et appréciés de l'internaute.

À l'inverse, seulement 18% des 2.500 sondés savent que cette technologie est "très présente" dans leur environnement: suggestions d'achat de la part d'Amazon, service clientèle automatisé sur Facebook Messenger, conversations avec des assistants virtuels sur smartphone, reconnaissance musicale...

L'IA, très utile lorsqu'il s'agit de rendre service, n'est pourtant pas sans risques sur d'autres plans: "Près de deux tiers des répondants estiment que la présence de l'IA [...] poussera à terme les personnes à moins se fier à leur bon sens. Leurs choix sont dès lors guidés par les suggestions nées de l'IA [favorisant] ainsi l'isolement des utilisateurs" avertit Test Achats, sans parler de l'éventuelle atteinte à la vie privée qu'une telle collecte de données peut induire.

Les consommateurs pensent par ailleurs qu'ils devraient être correctement informés des décisions automatisées et avoir le droit de leur dire "non". Sept répondants sur dix ont d'ailleurs peu confiance dans les autorités pour exercer un contrôle efficace sur l'IA.

Test Achats, en collaboration avec Euroconsumers et le BEUC, assure ainsi être engagé dans des discussions avec les Gafam pour mettre l'industrie au défi de développer une IA qui "réponde aux besoins des consommateurs" et qui relève les standards de sécurité en matière de vie privée.