Société

L'annonce publicitaire met en scène un homme qui frappe une femme qui lui apporte un faux burger

La publicité polémique dans laquelle on peut voir un homme frapper sa compagne pour le simple prétexte qu'elle lui ramène un faux Bicky Burger n'aura survécu que quelques heures aux réseaux sociaux. Mais elle a soulevé un véritable tollé de la part des internautes. Le caractère ouvertement violent envers les femmes aura particulièrement choqué. Au point que, mercredi matin, plus de 300 plaintes avaient déjà été déposées auprès du jury d'éthique publicitaire (JEP). "On s'attend à en avoir encore beaucoup d'autres durant la journée", confie Sandrine Sepul, directrice du JEP. De fait, ce mercredi soir, plus de 500 plaintes étaient parvenues jusqu'au JEP.

Sandrine Sepul précise que le dossier est aujourd'hui soumis à une contrainte technique liée au lieu d'établissement de l'annonceur. "La maison mère de Bicky est installée aux Pays-Bas. Nous sommes donc en contact avec nos confrères néerlandais pour savoir si le dossier sera transféré chez eux. Le cas échéant, nous resterions en contact pour que le suivi tienne compte des spécificités locales et de l'émoi généré par la pub en Belgique."

Le Jury d'éthique publicitaire n'a pourtant qu'un pouvoir limité : celui de faire retirer la publicité. Or, celle-ci a déjà été retirée par Facebook. "Et on ne s'en plaindra évidemment pas. Ce qui n'empêche pas le JEP de poursuivre le dossier. Cela aboutira peut-être, dans quelques semaines, à une décision symbolique du retrait de la publicité mais cela enrichira aussi la jurisprudence sur ce qui est acceptable ou pas en matière de publicité."

Le JEP n'a pas le pouvoir d'imposer une sanction financière. Mais le bad buzz généré par la publicité refrénera sans doute les ardeurs des annonceurs.

Pour rappel, une grande partie des annonceurs du pays sont membres du JEP et adhèrent donc à un code d'éthique. "Les plus petits annonceurs ne sont pas forcément membres de notre association, termine Sandrine Sepul. Quand ils publient une annonce délicate dans un média, nous contactons alors ce média pour l'alerter et éviter que la pub ne soit à nouveau diffusée sans changement."

A titre de comparaison, la campagne Rich Meets Beautiful qui cherchait à mettre en relation tarifée des jeunes étudiantes avec des personnes à haut revenu n'avait suscité qu'une centaine de plaintes auprès du JEP.