Ce samedi, ce sera une journée pas comme les autres pour Le Funambule, l’ASBL qui vient en aide aux personnes vivant avec un trouble bipolaire et leurs proches, qui organise une journée d’études, "Bipolaire, oui mais encore ?". De quoi mieux cerner ce trouble. Entre la pair-aidance, la médication, la psychoéducation et l’aide de la famille, cette maladie peut être valablement prise en charge.

Mais l’une des rencontres-clés de cette journée sera certainement celle avec le réalisateur Christophe Hermans qui sort La Ruche, un film avec Ludivine Sagnier dans lequel l’actrice joue une femme atteinte du trouble bipolaire, maman de trois adolescentes. Jamais le mot n’est dit, jamais la maladie n’est caractérisée, parce que le propos n’était pas de stigmatiser… Et aussi parce que dans ces familles, ce trouble devient le secret des enfants : "On comprime tout à l’intérieur, on n’arrive pas à en parler à l’extérieur", explique Christophe Hermans qui a vécu cela avec sa mère. D’où sa nécessité d’en parler depuis des années. C’est dans le livre La Ruche d’Arthur Loustalot, qu’il a pu se reconnaître et en a coécrit un scénario où l’amour inconditionnel de la mère pour ses enfants est là, fort, "contaminant’, transformant… "Alice est solaire, on ne peut que l’aimer mais on voit aussi toute cette part qui casse l’enfance en fin de compte."

Ludivine Sagnier explique avoir fait de nombreuses recherches, lu et écouté des témoignages mais c’est au contact de nombreuses personnes du Funambule qu’elle a pris la mesure de son personnage. Elle est même devenue la marraine de l’association. "J’ai pu également parler avec eux de ce qu’ils ressentaient, de leur rapport aux autres, de la culpabilité, l’isolement, la dépression. Ça a été fondamental pour véritablement incarner Alice", en dit-elle. Quant aux jeunes actrices, elles ont rencontré beaucoup de jeunes, enfants de parents bipolaires en Belgique. Dans ce film, comme un huis clos tourné dans un très grand appartement cosy au décor exceptionnel, la caméra se fait très proche des sœurs qui sont psychologiquement mises à rude épreuve et réagissent différemment. Le réalisateur n’a pas voulu réaliser un film sur une descente aux enfers, loin de là : "Pour moi, il n’y a d’ailleurs pas un plan qui ne parle pas d’amour dans le film."