Mayan, une jeune ado israélienne, et son père entrepreneur, jouent aux cartes depuis longtemps. Il y a trois ans, la fillette a demandé à son père : "pourquoi la Reine vaut moins que le Roi ?" et "pourquoi il n’y a que des valets, où sont les princesses ?"

Sans bonne réponse, ils se sont donc penchés sur la création d’un jeu de carte plus inclusif : parce qu’apprendre aux enfants que pour repérer quelle carte est la plus forte, il faut voir si c’est un homme ou une femme - et que l’homme gagne à chaque fois - ce n’est pas un exemple qu’on a spécialement envie de suivre.

Trois ans après, Queeng était né. L’idée n’est pas de réinventer le jeu de 54 cartes traditionnel, qui fonctionne et qui sert à toute une série de jeux allant du Poker à la Belote, mais de le rendre plus juste, plus inclusif. Le concept trouvé par Mayan est assez simple : ce n’est plus "Valet - Dame - Roi", mais "Prince (sse) - Duc (hesse) - Monarque", et il y a autant d’hommes que de femmes qui sont prince ou princesse, duc ou duchesse, roi ou reine. Même un des deux jokers a été féminisé !

Mais pour financer l’impression de son jeu, Mayan a dû trouver des fonds. Via Indiegogo, elle a lancé une campagne de crowdfunding qui a cartonné : 415 000€ ont été récoltés auprès de près de 15 000 personnes en quelques mois.

L’idée étant excellente sur papier, on s’est procuré plusieurs decks de Queeng. Et le résultat est à la hauteur des attentes : le principe des cartes reste inchangé tout en mettant hommes et femmes sur un pied d’égalité, la qualité d’impression et le carton des cartes n’ont pas à rougir, et l’ensemble a l’air de bonne facture, augurant d’une longévité aussi grande que n’importe quel autre deck de cartes.

Mais à quel prix ? Si faut compter 100$ pour 10 jeux et que les frais de ports sont compris, il ne faut pas oublier la taxe d’import, puisque le jeu vient des USA. La facture grimpe donc à 152$ pour dix jeux, soit un peu moins de 13 euros le paquet… Ouch ! Changer le monde, même un tout petit peu, peut faire mal au portefeuille. On regrettera aussi que le site web https://www.queengcards.com/ soit mentionné au dos des cartes, la mention "Playing fair" (littéralement : jouer équitablement) aurait largement suffi, même si on ne regrette pas l’achat lui-même.