BRUXELLES La revendication des routiers est simple: la détaxation. Pour que le secteur soit viable, il faudrait l'instauration du carburant professionnel et une réduction des charges patronales, le secteur des transports routiers étant particulièrement sensible à la concurrence internationale, selon la Febetra, la Fédération royale belge des transporteurs, et l'UPTR, Union professionnelle des transporteurs routiers. Le carburant professionnel est d'application dans la plupart des métiers du transport.

D'autres revendications concernent les assurances, les taxes de circulation et la réglementation du transport. Les cinq organisations professionnelles ont remis une liste de 41 revendications aux ministres Reynders et Durant.

Face à ces revendications, les réactions politiques manquent de concertation, avec le résultat prévisible: un probable blocage du ring et de la rue de la Loi. Ce qui aurait mis le feu aux poudres, ce sont les déclarations médiatisées du ministre des Finances, Didier Reynders. Le traitement au cas par cas, le remboursement de 1,82 FB des accises, sur base des factures et si l'entreprise prouve qu'elle est en réelle difficulté, n'ont pas satisfait les routiers.

Isabelle Durant, ministre de la Mobilité, a quant à elle rejeté en bloc ces revendications. Elle proposera d'autres pistes lors de la réunion entre les ministres concernés et les organisations de transporteurs routiers. Parmi ces mesures, une est déjà connue: l'octroi d'avances remboursables, comme pour les agriculteurs en 1999.

Par contre, Didier Reynders et Isabelle Durant se sont déclarés opposés au carburant professionnel que revendiquent les syndicats. Ils ont aussi refusé de rencontrer les routiers avant le rendez-vous prévu. Mais ce sont apparemment les seuls points sur lesquels ils sont d'accord.

Les réactions divergentes des ministres et leur manque de concertation ont entraîné le blocage, qui menaçait depuis le début de la manifestation. Celui-ci s'est d'autant plus vite mis en place que les meneurs ont pu compter sur un discours incohérent des autorités.

Un Conseil des ministres est prévu pour vendredi. Il devrait essentiellement être consacré aux problèmes devenus structurels des transporteurs.