Les autorités du pays ne rigolent pas avec l’obligation scolaire. Les parents étant considérés comme les garants de sa bonne application, ils s’exposent à de lourdes sanctions s’ils déscolarisent leurs enfants. "L’obligation scolaire est inscrite dans une loi fédérale. Si elle n’est pas respectée, on considère que l’enfant subit un préjudice. Si des parents ne mettent pas leur enfant à l’école, l’établissement devra contacter l’inspection, qui pourra à son tour contacter les services de l’aide à la jeunesse. Les services d’aide à la jeunesse tenteront d’en savoir plus sur les raisons de l’absence et essayeront d’inciter les parents à remettre leur enfant à l’école", explique Eric Bruggeman, juriste à InforJeunes Laeken. "Si le service d’aide à la jeunesse constate une dégradation du milieu de vie de l’élève, il peut prévenir un juge de la jeunesse. La famille risque aussi d’avoir la visite de la police", précise-t-il.

Si la situation familiale se dégrade, les parents peuvent être amenés à comparaître devant le tribunal de première instance. "Si le service d’aide à la jeunesse estime que l’intérêt de l’enfant n’est pas rencontré et qu’il y a mise en danger, des mesures impliquant les parents peuvent être envisagées. Dans les cas les plus graves, les parents peuvent perdre la garde des enfants", indique le juriste.

En dehors des retombées judiciaires, les élèves qui dépassent 20 demi-jours d’absence injustifiés par an s’exposent à des conséquences sur le plan pédagogique.

"Passé le stade des 20 demi-jours, ils sont automatiquement considérés comme des élèves libres. Les parents sont alors convoqués par la direction. Un contrat d’objectifs doit alors être fixé entre l’école et l’élève et si ce contrat n’est pas respecté, le conseil de classe peut décider que l’élève n’a pas le droit de présenter ses examens. Dans ces cas-là, l’année sera ratée d’office", souligne le juriste.