Au lendemain des terribles inondations de la mi-juillet qui auront causé le décès de 42 personnes et fait un disparu, la Belgique s'est réveillée avec de terribles images de maisons effondrées, de voitures transbahutées par les eaux comme de simples fétus de paille, de ponts détruits, de routes emportées. Avec un constat terrifiant : il faudra plusieurs années et plusieurs milliards d'euros pour tout reconstruire et rendre aux communes dévastées leur quiétude. Trois mois plus tard, la démolition des maisons devenues inhabitables à Pepinster a débuté. Mais il faudra de nombreuses années pour que les villages et communes touchés parviennent à panser leurs plaies. 
 
 

Gestionnaire du réseau ferroviaire belge, le groupe Infrabel, lui, vient de panser les siennes. L'ensemble des 25 lignes impactées a pu être remis en état en un temps record. La plus sérieusement touchée, entre Pepinster et Spa, peut à nouveau accueillir des trains depuis lundi.

Le boulot était pourtant titanesque : le rail n'avait jamais subi de tels dégâts depuis la fin de la deuxième guerre mondiale : éboulement de talus, ponts et murs emportés, rails détruits, caténaires arrachées, ballast emporté et cabines de signalisation noyées figuraient, entre autres, parmi les nombreux dégats. 



"Je tire mon chapeau à celles et ceux qui se sont ainsi mobilisés sans compter leurs efforts et qui ont réalisé un travail de remise en état absolument titanesque depuis 2 mois et demi, commente le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet, qui répondait aux questions des députés en commission parlementaire Mobilité, ce mardi après-midi. Grâce à cette mobilisation inédite de moyens humains et matériels et en suivant un calendrier progressif, tous les tronçons sont aujourd’hui rouverts au trafic, ce qui constitue une réelle prouesse. C’est à peine croyable si on se rappelle des images de désolation consécutives aux inondations. Et je tiens une nouvelle fois à remercier les équipes d’Infrabel, tous les cheminots, ainsi que toutes les personnes qui ont rendu possible la réalisation de ce défi technique mais surtout humain."


Un véritable tour de force des cheminots, salués par Infrabel. “Les inondations de la mi-juillet ont endommagé le réseau ferroviaire à un niveau jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale, confie Jessica Nibelle, porte-parole. Nous avons dû reconstruire plusieurs ponts, stabiliser des centaines de mètres de talus effondrés, réparer des passages à niveau noyés et des poteaux caténaires arrachés. Les équipes d’Infrabel ont abattu un travail colossal pour remettre les infrastructures en état le plus rapidement possible et permettre ainsi aux trains de voyageurs et de marchandises de rouler à nouveau en toute sécurité. Sur certains tronçons, les chantiers avaient lieu 24h/24. Depuis ce lundi 4 octobre, les 25 tronçons impactés par les inondations sont à nouveau en service. Si nous y sommes arrivés, c’est grâce à la solidarité remarquable des cheminots et l’aide de nos sous-traitants. Des collaborateurs Infrabel issus de toutes les régions du pays se sont précipités pour prêter main forte à leurs collègues tout au long de la crise."


L’impact budgétaire final de l’ensemble des dégâts est en cours. Mais, selon le ministre Gilkinet, les premières estimations des dégâts se chiffrent en dizaines de millions d’euros, avec plus de 60 millions d'euros déjà comptabilisés.


Plus de 14.000 parcours libres distribués

En guise de solidarité, les quatre sociétés de transports en commun belge (SNCB, Tec, De Lijn et Stib) ont délivré plus de 14.000 tickets Libres Parcours Solidarité aux sinistrés des communes dont de très nombreux avaient perdu leur véhicule durant les inondations. "Avec ces Libres Parcours Solidarité, ces sociétés de transport en commun ont permis aux sinistrés de se déplacer plus facilement, se réjouit Georges Gilkinet. La mobilité est en effet une liberté pour laquelle je me bats depuis un an et qui mérite toute notre attention notamment en cas de crise." A noter que ces parcours libres sont valables jusqu'au 31 octobre prochain.