Société L'État remboursera bien les 100 millions d'euros aux pétroliers

BRUXELLES C'est la vieille histoire de la bonne et de la mauvaise nouvelle. La bonne? Le consommateur ne devra pas rembourser les 100 millions accordés par les pétroliers pour préfinancer le chèque-mazout. La mauvaise? Elle est pour Freya Van den Bossche, qui n'est pas sortie immaculée de l'épisode.

Elle était, hier matin, sur la sellette aux côtés de Didier Reynders (MR), en commission des Finances de la Chambre. Ordre du jour: faire la clarté sur ses déclarations matamoresques promettant de faire payer le chèque au secteur.

Dans sa réponse, il n'en a plus été question. Mais tout de même un peu. Explication: fin décembre, 16 pétroliers ont accepté d'avancer les 100 millions. «Nous les rembourserons», reconnaît la ministre. «Mais nous allons discuter avec l'ensemble des entreprises du secteur - 64 sociétés - pour qu'elles interviennent.»

Une réponse qui a fait sourire -c'est un euphémisme- le chef de groupe CDH à la Chambre, Melchior Wathelet, se demandant par quel miracle le gouvernement obtiendrait ce qu'il a échoué à grappiller en décembre.

Le ministre des Finances est d'ailleurs resté nettement plus prudent, se limitant à insister sur la bonne nouvelle: ce ne sont pas les consommateurs qui seront mis à contribution pour rembourser les pétroliers. Le geste sera à charge du budget de l'État. Nuance.

Facile à trouver, le pactole? Pas dit. Et l'accord de décembre est formel: le gouvernement a jusqu'à fin mars pour acquitter sa dette. Passé ce délai, il devrait payer un forfait de 3 millions. Ce qui a de nouveau provoqué une poussée de cynisme chez M. Wathelet, approuvant le gouvernement d'aider ainsi un secteur «en grande difficulté».

La ministre du Budget a reconnu qu'elle avait commis une «erreur de communication» dont elle assumait «la responsabilité». Ce serait, dit-elle, dû à une réponse mal comprise de son cabinet à la presse. Ce que balaye illico la députée Muriel Gerkens (Écolo), remarquant qu'aucune demande de rectificatif n'avait été envoyée aux médias, et que la ministre, dans une interview, avait elle-même annoncé que les 100 millions ne seraient pas remboursés.

Le gouvernement aurait engrangé 196 millions d'euros de TVA et 43 millions d'euros d'accises supplémentaires suite à la hausse des prix du mazout. 75 à 80 millions d'euros ont déjà été prévus dans le budget 2005 pour financer la mesure mazout qui, selon les premiers calculs, aura coûté au total 140 millions d'euros.

© La Dernière Heure 2006