Le IKEA de Metz en France lancera ce samedi 3 juillet une opération de vaccination adressée à toutes les personnes éligibles au vaccin et sans prise de rendez-vous. Se faire vacciner au milieu des célèbres meubles en kit sera donc possible. "L'objectif est de rapprocher la vaccination des citoyens tout en simplifiant l’accès au vaccin", écrit la préfecture de Moselle dans un communiqué officiel. Au total, 200 doses du vaccin Pfizer/BioNtech seront disponibles et administrées par le personnel de santé. Ce n'est pas la première fois qu'une opération de ce genre est organisée en France, puisque des séances de vaccination se sont déjà tenues dans des centres commerciaux.

Une telle idée pourrait-elle traverser la frontière belge ? Yves Coppieters, épidémiologiste, espère bien que non. "La vaccination est un acte médical qui doit se faire de manière encadrée. IKEA n'est pas un centre médicalisé, même si on le transforme en centre de vaccination. Je ne suis pas sûr que dans un environnement de type commercial, où les gens sont pressés, on va prendre le temps d'informations et de surveillance nécessaire."

L'expert s'interroge également sur le message qu'un tel lieu de vaccination peut véhiculer. "On oublie que le fondement de cette pandémie, c'est la globalisation et cette consommation peu appropriée. Lancer des opérations de vaccination dans des multinationales de type IKEA, c'est envoyer un mauvais message. C'est comme si on retournait dans le monde d'avant."

Vacciner de manière intelligente 

Yves Coppieters souligne néanmoins que l'idée de rendre la vaccination plus accessible est positive. Le tout est de le faire dans des endroits appropriés, selon lui. "Il faut aller au plus proche des gens, c'est une très bonne idée, mais je ne pense pas qu'IKEA soit le bon endroit. C'est plutôt dans une maison communale ou dans une maison de jeunes, un lieu encadré par les fonctions publiques. On peut également mettre en avant l'accessibilité sociale. On se dit peut-être qu'en créant ce type d'opération chez IKEA, on va toucher des groupes de population qu'on ne peut trouver ailleurs. Peut-être, mais alors qu'on me le prouve avec des études et des chiffres. Je pense que la solution est d'intégrer davantage la vaccination dans des services déjà existants, comme la médecine générale ou les plannings familiaux. Des lieux médicaux où les patients se rendent pour d'autres consultations et qui pourront alors bénéficier de l'accompagnement nécessaire".

Pour conclure, Yves Coppieters affirme que la vaccination doit se faire de manière intelligente et dans un environnement sécurisé. Ainsi, il réitère son point de vue selon lequel inciter les plus jeunes à se faire vacciner avec des concerts gratuits ou autre n'est pas une bonne idée. "Déjà, je ne suis même pas sûr que l'on aura assez de doses pour tout le monde avec ce genre de stratégie. Toutes les personnes à risque n'ont pas encore été vaccinées actuellement. Ensuite, je suis contre le chantage à la vaccination. Offrir des cadeaux à des personnes qui se font vacciner par exemple, c'est absurde. Sauf si les personnes l'ont fait de manière informée et dans un cadre éthique."