Après la Bretagne, la Normandie touchée à son tour

QUIMPER Si la décrue se généralise dans le Finistère, les inondations ont pris samedi un caractère inquiétant dans le Morbihan et en Ille-et-Vilaine. Elles ont même gagné la Normandie voisine, notamment le département du Calvados, où plusieurs quartiers de la ville de Caen ont été envahis par les eaux.
Dans les villes de Malestroit (Morbihan), Guipry-Messac et Redon (Ille-et-Vilaine), l’eau est montée à certains endroits de près de deux mètres à cause des débordements de l’Oust et de la Vilaine.
Les deux rivières venant de l’ouest par le Morbihan (l’Oust) et du nord en Ille-et-Vilaine (la Vilaine) ont été considérablement grossies par les pluies torrentielles tombées ces derniers jours.
Samedi soir, dans toutes les communes morbihannaises situées le long de l’Oust, nombre de rues avaient encore les pieds dans l’eau. La préfecture du Morbihan rappelait que d’autres communes -Inzinzach, Lochrist, Muzillac, Pontivy, Pont-Scorff, etc.- connaissaient la même situation.
Dans le sud du département d’Ille-et-Vilaine, la crue de la Vilaine dans le secteur de Guipry-Messac dépassait tous les précédents records. Dans la seule commune de Gripry (3.000 habitants), une centaine de maisons ont été inondées et autant d’habitants se trouvant dans une situation critique dans une quarantaine d’habitations ont dû être évacués, selon la préfecture.
“Et l’eau de la Vilaine continue de monter”, précisait-on à la cellule de crise. “Nous pensons que la cote maximale – 5,50 mètres – devrait être atteinte dimanche matin. 5,50 mètres, c’est 15 centimètres de plus que la crue exceptionnelle de 1995.” Pour comprendre la situation actuelle de Redon, en bonne partie sous les eaux samedi soir, il faut prendre une carte. Redon reçoit l’eau des rivières de la Vilaine, déchaînée, mais aussi de l’Oust qui a dépassé de 40 centimètres sa crue de 1995, selon la cellule crue de l’Equipement.
Dans le Finistère, l’ensemble des villes du département voyaient petit à petit le niveau d’eau baisser dans les rues. La décrue, amorcée dès la fin de journée vendredi, concernait aussi Quimperlé depuis samedi matin.
Lors d’une visite samedi après-midi à Quimperlé du secrétaire général de la préfecture du Finistère Hervé Bouchaert, le maire de Quimperlé, Marcel Tusseau, a demandé qu’un décret d’état de catastrophe naturelle soit de nouveau promulgué afin de faire des déclarations de sinistres. Environ 260 bâtiments ont été touchés par les eaux. Ce sont à peu près les mêmes qu’en décembre dernier.
Samedi matin, la Normandie a été frappée par les inondations, en particulier dans le Calvados, où plusieurs quartiers de Caen ont été envahis par les eaux.
Toutefois, la cellule de crise mise en place à la préfecture se montrait plutôt optimiste pour la soirée et la nuit.
Une centaine d’habitants du département, notamment des bords de l’Orne, ont dû être évacués sur la commune de Louvigny, où 110 maisons ont été inondées. Dans la commune de Condé-sur-Noireau, 10 à 20 centimètres d’eau étaient signalés par endroits.