Une kalachnikov AK 47 et un pistolet 9 mm pour 3000€ en plein coeur de la capitale et en pleine journée

BRUXELLES Midi ce mardi : la police fédérale nous communique que, “contrairement à ce que l’on entend souvent, il n’est pas facile de se procurer une kalachnikov”.

Nous nous lançons le défi : trouver une telle arme de guerre en moins de 24 heures. Il ne nous a pas fallu plus de six heures pour parvenir à nos fins.

Nos premiers interlocuteurs nous renseignent sur les endroits où nous pourrions nous rendre mais nous avertissent aussitôt : “Cela ne va pas être simple. Contrairement à ce qu’on croit, les armes type kalachnikov se vendent cher : comptez minimum 1.200 euros.”

Mais où en trouver ? “Il faut s’introduire du côté d’Anderlecht. C’est dans le quartier de la place Lemmens que certains en vendent. À Cureghem, par exemple, vous trouverez des Scorpio venant de République tchèque pour 750 €. Les ventes se font aussi sur les parkings des bourses militaria du côté de Ciney notamment”, poursuit l’un de nos interlocuteurs avant de nous démotiver : “Vous aurez beaucoup plus facile à Charleroi et à Liège qu’à Bruxelles. Les kalachnikovs qu’on trouve là-bas sont achetées par lots de douze en Pologne. Ici c’est minimum 1.2000 euros pour une kalachnikov. Là-bas, en achetant le pack de 12, elles vous reviennent à 600 euros en moyenne.”

Nous poursuivons nos recherches. Nos autres interlocuteurs nous répondront tous que c’est un jeu d’enfant de trouver un pistolet dans la capitale mais que pour les kalachnikovs, ce sera un peu plus compliqué.

17 h. Notre rendez-vous est fixé. Le stress monte. Nous ne connaissons pas ceux qui viendront nous chercher discrètement dans une rue fort fréquentée de la capitale.

Nous grimpons avec eux en voiture. Ils vont chercher les armes dont nous avons besoin. Nous les attendons dans la voiture. Pour protéger nos sources, nous ne citerons évidemment pas les rues par lesquelles nous sommes passés.

Ils sortent du véhicule. Nous nous retrouvons seule. Difficile de garder son calme.

Ils reviennent avec les armes soigneusement dissimulées dans un sac. Nous tentons de contenir notre peur. Tout peut dégénérer en quelques secondes.

Nos interlocuteurs nous annoncent les prix : 2.000 euros la kalachnikov, 1.000 euros voire 1.200 euros le pistolet 9 mm.

Notre défi est relevé  : nous avons pu nous procurer des armes en moins de temps que prévu, comme nous vous le prouvons, ces photos à l’appui. Nous ne les achèterons évidemment pas.

Nous repartons. Nous espérons ne plus jamais croiser ceux qui ont accepté de nous aider à vous montrer qu’il est possible de se procurer des armes en totale illégalité en plein cœur de Bruxelles, en pleine journée.

Nous cherchons à nous calmer après avoir touché deux armes, dont une de guerre, dont nous ignorons complètement l’histoire.


© La Dernière Heure 2010