Les annonces sur les réseaux sociaux posent de plus en plus problème aux refuges.

Les abandons d’animaux en période estivale sont légion depuis des années, c’est bien connu. L’été 2016 ne fait pas exception. "On a l’impression de ne jamais s’en sortir. La semaine passée, 10 chiens ont été adoptés, ce qui est très positif. Mais en même temps, 13 autres sont arrivés chez nous… C’est une boucle sans fin", déplore Sébastien De Jonge, directeur de l’asbl Sans Collier.

Le bouleversement de la situation familiale (divorce, déménagement) reste la cause numéro un des abandons. Mais depuis 3-4 ans, les réseaux sociaux mettent aussi à mal le bien-être animal. "Il y a beaucoup de petites annonces postées sur Facebook. Les gens se disent ‘oh, qu’il est mignon le petit chiot’et l’achètent sans penser à l’engagement que cela représente. Après quelques semaines ou même quelques jours, ils se rendent compte qu’ils ne savent pas s’en occuper et décident de s’en débarrasser", explique Sébastien De Jonge. Selon lui, il faudrait même interdire la diffusion de ces annonces, qui transforment les chiens en objet de consommation. "On les prend et puis on les jette beaucoup plus facilement puisque rien n’est contrôlé sur le net !".

Chaque année, 60.000 chiens et chats sont abandonnés par leurs propriétaires et passent par des refuges. Cet été, l’asbl Sans Collier a ainsi vu sa population tripler. Alors que le centre a une capacité d’accueil de 125 places, il compte aujourd’hui près de 400 pensionnaires alors qu’il en héberge 1.400 par an. "C’est typique de l’été, on est toujours complet. Mais c’est la première fois qu’on en a autant. On a fait un bond de 30 % par rapport à l’année passée. Et en 2015, on atteignait déjà les 60 % par rapport à 2014 !", poursuit Sébastien De Jonge.

Malgré les efforts de communication et de sensibilisation du secteur animalier et des instances gouvernementales pour endiguer ce phénomène, rien ne semble bouger. Des citoyens n’hésitent d’ailleurs pas à prendre certaines mesures visant à protéger Minou et Médor comme des atteintes à leur liberté personnelle. "Lorsque le ministre Di Antonio a annoncé qu’il serait bientôt obligatoire de stériliser tous les chats en Belgique, nous avons reçu des messages disant ‘il faudrait castrer les politiciens’. Alors qu’en fait, cette mesure est un grand pas en avant !", s’enflamme le directeur.