Un pharmacien refuse de vendre la pilule

P. D. V. et Jo. M Publié le - Mis à jour le

Société Les produits contraceptifs mis à l’index dans son officine de Leeuw-Saint-Pierre

LEEUW-SAINT-PIERRE Les boîtes de médicaments s’empilent sur le comptoir. Le pharmacien épluche l’ordonnance. A cet instant, il découvre sur la prescription du médecin une boîte de pilules contraceptives. Le visage grave, il explique doucement au couple qui lui fait face: "pour des raisons de convictions religieuses, j’ai décidé de ne plus vendre de produits contraceptifs. Mais je peux sans problème vous conseiller un collègue qui le fera."
Depuis deux ans, le pharmacien Vannes, qui exerce dans son officine de la Fabriekstraat, à Leeuw-Saint-Pierre, une commune de la périphérie bruxelloise voisine d’Anderlecht, évitait déjà de vendre des moyens contraceptifs. Depuis décembre dernier, il le fait clairement savoir à ses clients au moyen d’affichettes collées sur son comptoir : "Le pharmacien Vannes ne vend pas de produits qui empêchent la vie ou l’arrêtent : contraceptifs, euthanasiants, pilule du lendemain, etc."
Une décision qui a fait l’objet d’un cheminement :
"J’ai suivi récemment un séminaire au sein d’une congrégation de bénédictins, en France. Pendant ce séjour, ces moines m’ont ouvert les yeux. J’ai donc décidé de vivre ma foi catholique comme nous l’enseigne le Pape dans ses écrits et sa parole. Jean-Paul II nous dit que, nous, catholiques, nous n’avons pas le droit d’utiliser, de vendre ou de prescrire des moyens d’empêcher la vie ou de l’interrompre. Je veux donc le suivre."
Sont donc clairement mis à l’index dans cette pharmacie tous les moyens contraceptifs comme la pilule classique, la pilule abortive, dite du lendemain – "Ça c’est pour les petits jeunes qui couchent un soir et qui veulent se débarrasser du petit après", estime M. Vannes –, les préservatifs et les euthanasiants "qui sont employés pour mettre fin à la vie des personnes âgées et malades. On n’en trouve pas encore en pharmacie, mais les hôpitaux en possèdent déjà. Moi je veux être prêt à toute éventualité."
Une décision qui n’est pas sans conséquences : "C’est vrai que ce choix que j’ai décidé de prendre m’a fait perdre des clients mais ce n’est pas grave. Je suis au service de Dieu avant d’être pharmacien. Même si je dois aller en prison, ma mission envers Lui est bien plus importante. Et je continuerai."
Si certains pharmaciens pensent sans doute comme lui, M. Vannes fait encore actuellement cavalier seul. "Je connais plusieurs confrères qui font de même en France. En Belgique, bon nombre des pharmaciens sont catholiques et vendent ce type de produits. Il faut voir jusqu’à quel point la société est hypocrite. Ils ne font pas ce que la foi demande. Je crois donc être une exception. Pourtant, il est du devoir de tous les pharmaciens catholiques de ne plus vendre de produits contraceptifs."



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